Charles Mensah ou l’ambition d’un cinéma africain par les Africains

Le cinéma africain est en deuil. Charles Mensah, le président de la Fédération panafricaine des cinéastes (FEPACI), est décédé vendredi dernier « des suites d’un malaise cardiaque ». L’ardent défenseur du cinéma africain était respecté pour ses réalisations et son engagement pour l’indépendance des cinéastes africains.

Une figure emblématique du cinéma africain. Charles Mensah, le président de la Fédération panafricaine des cinéastes (FEPACI) est décédé vendredi dernier à l’âge de 63 ans. L’Institut gabonais de l’image et du son (IGIS), l’ex-Centre national du cinéma (CENACI), institut que le défunt a dirigé de 1988 à 2009 a annoncé sa mort par communiqué le lendemain. Il est décédé « des suites d’un malaise cardiaque » à Libreville, la capitale du Gabon, son pays d’origine.

Ce pionner du cinéma gabonais, producteur et réalisateur de nombreux courts-métrages, documentaires, séries télévisées à succès était respecté pour « son implication dans le développement des cinématographies africaines », souligne le communiqué. Ces dernières années encore, Charles Mensah a produit ou co-produit Le divorce (2008), ou encore Le silence de la forêt (2003). Il récemment a participé à la réalisation du film Le collier de Makoko qui a été présenté au marché des films à Cannes 2011. « Charles Mensah est un grand professionnel et une personne très cordiale pour qui j’avais beaucoup d’estime et de respect », écrit dans un hommage Thierno Ibrahim Dia, facilitatateur du site de la Fédération Africaine de la critique cinématographique Africiné.

En 2006, Charles Mensah prend la direction de la FEPACI, une institution créée en 1969 qui a pour objectif de promouvoir la défense des intérêts des cinéastes africains et la promotion du cinéma du continent. Il s’est beaucoup investi dans cette tâche parfois difficile, comme il l’explique dans une interview accordée à Afrik.com il y a deux ans. En 2010, Charles Mensah a annoncé la mise en place d’un fonds panafricain d’aide au cinéma. Ce fond, émanant « d’un partenariat public-privé », devait permettre aux Africains de s’appuyer « sur eux-mêmes avant de s’adresser aux autres », selon les propres termes du réalisateur gabonais. Puissent ses successeurs mener à bien ses ambitions.