Affaire Mohammed VI : la journaliste Catherine Graciet assure que le livre sortira

Après avoir été mise en examen avec son confrère Eric Laurent pour chantage et extorsion de fonds contre le roi du Maroc Mohammed VI, en échange de la non parution d’un livre qui contiendrait des informations compromettantes, la journaliste Catherie Graciet affirme être « tombée dans un piège » et avoir eu un « moment de faiblesse ».

On n’a pas fini d’en apprendre sur l’affaire des journalistes français Catherine Graciet et Eric Laurent accusés de chantage et d’extorsion de fonds contre le roi du Maroc en contrepartie de la non parution de leur livre qui contiendrait des informations compromettantes sur la monarchie. Dans un entretien au journal français Le Parisien, diffusée ce lundi, Catherine Graciet a affirmé être tombée dans un piège et n’avoir jamais fait de chantage. « Je n’ai jamais voulu faire chanter qui que ce soit ». Elle affirme avoir « mené un travail sans concession qui a créé un passif très lourd avec la monarchie ».

La journaliste évoque aussi sa fameuse rencontre entre Eric Laurent et l’avocat du roi du Maroc Hicham Naciri au Palais Royal fin juillet avant leur arrestation. « On les met en cause sur 300 pages, il fallait leur donner la parole », affirme Catherien Graciet. Elle concède qu’à son retour de vacances son co-auteur lui dit avoir rencontré l’avocat du Maroc Hicham Naciri qui lui a « proposé 3 millions d’euros contre la non-parution du livre » et doit le revoir le 21 août.
Selon elle, au second rendez-vous l’avocat aurait maintenu sa proposition et demandé qu’elle assiste à un troisième rendez-vous à l’issue duquel les deux journalistes sont interpellés. « J’y vais pour voir parce que je n’arrive pas à y croire, explique-t-elle. Je pense même qu’une tentative de corruption ferait un beau chapitre d’ouverture… En même temps, je me méfie », assure-t-elle.

« Je me suis faîtes la promesse que notre livre sortira »

Selon la journaliste, cette rencontre avec l’avocat « dure des heures. Il repart, revient, nous pousse à la négociation. Moi, je me sens perdue ». Après avoir négocié à 2 millions d’euros pour la non-parution du livre, l’avocat du roi leur remet à chacun une enveloppe de 40 000 euros. « J’ai eu un accès de faiblesse… C’est humain, non ? », affirme la journaliste pour justifier son geste.
Elle concède aussi avoir signé le protocole renonçant à écrire sur le royaume chérifien. Selon elle, elle a signé ce document pour pouvoir montrer les pratiques de corruption au sein du royaume : « J’ai la preuve que c’est un corrupteur, puisqu’il l’a signé lui aussi. »

La suite on la connait puisqu’elle et son confrère Eric Laurent sont arrêtés par la police dans le hall de l’hôtel, puis placés en garde-à-vue, et mis en examen avant d’être libérés sous surveillance judiciaire toutefois. La journaliste affirme avoir, à ce moment là, « compris la manipulation, la police en embuscade, les écoutes, le traquenard ». Selon elle, « on ne m’a même pas laissé la chance de regretter, de voir ce que j’allais faire après. Mais je me suis fait la promesse que notre livre sortira. »

Ce n’est pas la première fois que Catherine Graciet journaliste d’investigation reconnue écrit sur le Maroc, notamment sur le roi Mohammed VI en particulier. Elle a écrit deux livres qui ont été interdits au royaume chérifien.