Chantage au roi Mohammed VI : ouverture du procès, ce lundi

Le roi Mohammed VI, Eric Laurent et Catherine Graciet
Le roi Mohammed VI, Eric Laurent et Catherine Graciet

C’est ce lundi 16 janvier 2023 que s’ouvre le procès dans l’affaire du chantage au roi du Maroc, Mohammed VI. Les deux accusés, Eric Laurent et Catherine Graciet, contestent tout chantage dans cette affaire.

Les deux journalistes sont soupçonnés d’avoir voulu obtenir de l’entourage du roi Mohammed VI trois millions d’euros. Ce, en échange de la publication d’un livre embarrassant pour la famille royale marocaine. Eric Laurent et Catherine Graciet ont déjà publié, en 2012, un livre sur le monarque, « Le Roi prédateur ». D’ailleurs cet ouvrage est interdit de vente au Maroc.

Trois millions d’euros pour poser le coude sur l’ouvrage

C’est à l’été 2015 que l’affaire éclate. Un peu avant, Éric Laurent et Catherine Graciet signent un contrat d’édition pour un nouveau livre sur le roi du Maroc. En juillet, Éric Laurent prend rendez-vous avec le secrétariat particulier du roi Mohammed VI. Début août, le journaliste rencontre un émissaire du Palais royal, notamment l’avocat Hicham Naciri. Eric Laurent lui annonce la sortie de cet ouvrage compromettant, prévue début 2016.

Informé de la parution prochaine de l’ouvrage, Rabat tente de l’empêcher. Selon le journaliste, maître Naciri propose de monnayer son silence. Moyennant des espèces sonnantes et trébuchantes, il demande de surseoir à la publication de l’ouvrage. Selon Rabat, c’est plutôt Eric Laurent qui propose un deal, réclamant trois millions d’euros pour poser le coude sur l’ouvrage.

Eric Laurent et Catherine Graciet contestent tout chantage

Le Maroc dépose alors une plainte. Une enquête est ouverte. Sous surveillance policière, un second entretien a lieu entre Éric Laurent et l’émissaire royal. Une troisième rencontre aura lieu, cette fois, en présence de Catherine Graciet. Nous sommes le 27 août 2015. Les deux journalistes signent un accord portant sur deux millions d’euros. En retour, ils s’engagent à retirer le livre.

La police les interpellent en possession de 40 000 euros chacun versés par l’émissaire royal. Pendant l’enquête, les journalistes confient avoir accepté le contrat pour se débarrasser d’un livre dont les conséquences géopolitiques les « inquiétaient ». Seulement, ils contestent tout chantage. D’ailleurs, leurs avocats campent sur un « piège tendu par les services marocains ». Le procès s’ouvre, ce lundi, à Paris.

Les deux journalistes encourent jusqu’à cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende. Si, bien entendu, ils sont reconnus coupables des faits d’extorsion de fonds. Mais leur pool d’avocats est déterminé à prouver que leurs clients sont tombés dans un piège.

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