Chantage au roi du Maroc : le recours des journalistes examiné en janvier

La Cour d’appel de Paris a indiqué, à l’issue de l’audience à huis-clos de ce mardi 15 décembre 2015, qu’elle ne se prononcera qu’en janvier prochain sur la requête d’Eric Laurent et Catherine Graciet qui ont demandé l’annulation des enregistrements des 2ème et 3ème rendez-vous dans le cadre de l’affaire qui les oppose au roi du Maroc.

Accusés de chantage contre le roi du Maroc Mohammed VI, les deux journalistes français Eric Laurent et Catherine Graciet devront patienter jusqu’au 26 janvier prochain pour voir la Cour d’appel de Paris se prononcer sur leur requête. Dans le procès qui les oppose au royaume du Maroc, Eric Laurent et Catherine Graciet avaient décidé d’attaquer l’enquête. Les deux journalistes français avaient alors introduit une requête pour que les enregistrements des 2ème et 3ème rendez-vous soient écartés de l’instruction. Ils estiment avoir été piégés par des « écoutes illégales » et une « enquête déloyale ».

Eric Laurent et Catherine Graciet, les deux journalistes français mis en examen pour chantage et extorsion à l’encontre du roi du Maroc Mohammed VI, ont en effet décidé d’attaquer l’enquête. Et c’est ce mardi 15 décembre 2015 qu’ils ont demandé l’annulation d’une partie de la procédure judiciaire les visant. Les deux journalistes français reprochent au parquet de Paris d’avoir autorisé l’émissaire du roi à les enregistrer lors des deux derniers rendez-vous tout en sachant qu’une instruction avait été ouverte après la première rencontre.

« Une une partie de la procédure intentée deviendra irrégulière, si… »

A l’issue d’une audience qui a eu lieu, ce mardi à 11 heures, à la Cour d’appel de Paris, les deux journalistes ont obtenu une mise en délibéré au 26 janvier. Eric Laurent et Catherine Graciet affirment avoir été piégés par Me Hicham Naciri, l’avocat de Mohammed VI qui a, selon eux, procédé lui-même aux enregistrements de leur deuxième et troisième rencontre qui ont eu lieu, respectivement, les 21 et 27 août, alors que dans le même temps, une enquête judiciaire était ouverte après leur 1er rendez-vous qui avait eu lieu le 11 août.

Selon Me Eric Moutet, avocat de la journaliste Catherine Graciet, « légalement, puisque l’enquête judiciaire était déjà ouverte, les enregistrements devaient se faire sous le contrôle du juge d’instruction qui devait rendre une ordonnance demandant la sonorisation des lieux. Or, ces règles de sonorisation n’ont pas été respectées et on a laissé Me Naciri tout seul à la manœuvre (…). Si la Cour décide, le 26 janvier, d’annuler ces documents d’enregistrement, une partie de la procédure intentée contre ma cliente deviendra, de ce fait, irrégulière ».

Ces documents qui mettent au goût du jour la thèse d’un deal financier entre les deux journalistes et le Palais royal du Maroc, en échange de la non publication d’un livre qu’ils ont coécrit, sont compromettants pour les deux inculpés. Accusés de chantage contre le roi du Maroc en échange d’une somme de 2 millions d’euros, Eric Laurent et Catherine Graciet ont été mis en examen fin août. Le verdict de la Cour d’appel pourrait faire basculer le procès.