Ceuta et Melilla ravivent le malaise hispano-marocain

Ceuta et Melilla, villes espagnoles ou marocaines ? Depuis le début de la semaine, Madrid et Rabat relancent une polémique vieille de 50 ans, en revendiquant chacun sa souveraineté sur ces deux localités stratégiques d’Afrique du Nord.

Maria Teresa Fernandez de la Vega n’en démord pas. La vice-présidente du gouvernement ibérique a réaffirmé mardi sur la radio nationale (RNE), le « caractère espagnol » de ces enclaves du nord du Maroc, en réponse à un appel du Royaume chérifien à l’ouverture du dialogue sur le sujet.
Lundi, Abbas El Fassi, le Premier ministre marocain avait en effet appelé l’Espagne à « engager un dialogue » pour « mettre fin à l’occupation » de Ceuta et Melilla. Le chef du gouvernement avait en outre demandé à Madrid de s’engager dans le cadre d’une « vision futuriste », pour « l’intérêt commun » et le « bon voisinage » entre les deux pays. Peine perdue pour le Maroc. Mercredi, l’Espagne s’est montrée ferme sur la question et ne souhaite pas revenir sur le statut de ces deux villes. « Le Maroc connait cette position », a réitéré la vice-présidente.

« Melilla occupée »

Ces échanges houleux entre Rabat et Madrid interviennent une semaine après qu’une affiche comportant les termes «Melilla occupée» a été apposée sur un bâtiment administratif, à la frontière avec l’enclave espagnole, au nord du Maroc. Un bout de feuille de format A4 qui serait à l’origine du malaise de ces derniers jours entre les deux pays. Cet incident aurait en effet déclenché les foudres du gouvernement espagnol qui, selon des sources diplomatiques,aurait immédiatement alerté l’ambassadeur du Maroc à Madrid, Farid Auluhaj. Celui-ci se serait engagé à retirer l’affiche.

En 2007, le torchon avait déjà brûlé entre l’Espagne et le Royaume chérifien suite à la visite du roi Juan Carlos à Ceuta et Melilla. La première, depuis son accession au trône en 1975. Le bureau du parti socialiste marocain avait alors dénoncé « une visite provocatrice qui porte atteinte à la souveraineté nationale et constitue une perpétuation du colonialisme ».

L’Espagne exerce sa souveraineté sur Melilla depuis 1496 et sur Ceuta depuis 1580. Conçues à l’origine comme des postes avancés après la « reconquête » de l’Andalousie alors aux mains des Arabes par les rois catholiques, ces deux enclaves sont revendiquées par le Maroc depuis son indépendance en 1956. Convoités pour leurs atouts géopolitiques, Ceuta et Melilla, désormais considérées comme villes autonomes [[Statut semblable aux 17 Communautés autonomes espagnoles qui peuvent être comparées à des États fédérés.]], divisent depuis de longues années Rabat et Madrid.

Sur la photo Ceuta