Ces perturbateurs endocriniens qui nous empoisonnent

Le constat fait froid dans le dos, mais il est d’autant plus inquiétant que les signaux d’alerte sur la présence de perturbateurs endocriniens dans notre environnement ne cessent de se multiplier. L’utilisation de ces produits du quotidien pourrait entraîner l’absence de testicule dans le scrotum des jeunes garçons, un cancer du sein chez la femme et de la prostate chez l’homme, entre autres.

Il a été établi que la plupart des produits de beauté et d’hygiène contiennent au moins un perturbateur endocrinien. Mais beaucoup d’autres produits de notre quotidien contiennent l’une des 800 substances de la famille des perturbateurs endocriniens.

Un rapport publié en février dernier par le Programme des Nations Unies et pour l’Organisation mondiale de la Santé rappelait que les perturbateurs endocriniens étaient une grande famille qui compte près de 800 substances. Le bisphénol A étant l’une des plus connues. Par ailleurs, ils sont présents un peu partout. Les sources d’exposition de la population générale sont principalement l’eau et l’alimentation, mais aussi l’air et certains produits industriels comme les médicaments ou encore les produits phytosanitaires et donc les cosmétiques.

Une enquête de l’institut indépendant de notation Noteo révèle en effet que 40 % des produits de beauté et d’hygiène contiennent au moins un perturbateur endocrinien. L’utilisation de ce produits du quotidien pourrait être à l’origine de dérèglements qui peuvent se traduire par l’absence de testicule dans le scrotum des jeunes garçons, de cancer du sein chez la femme et de la prostate chez l’homme, ou encore des altérations de la fertilité.

Dans le classement effectué par l’institut Noteo arrivent en tête les vernis à ongles (74 % d’entre eux contiennent au moins un PE) devant les fonds de teint (71 %), les produits de maquillage pour les yeux (51 %), les démaquillants (43 %), les rouges à lèvres (40 %), les soins du visage (38 %) les déodorants (36 %), les dentifrices (30 %) et enfin les shampoings (24 %). ?Parmi les perturbateurs endocriniens les plus fréquemment utilisés dans les produits d’hygiène-beauté, on trouve les parabènes (23 %) et le cyclopentasiloxane (15 %). Certains contenaient même du tricolsan, un agent bactérien suspecté de favoriser les résistances aux antibiotiques.?

Au final, seuls les produits labellisés bio semblent épargnés par le phénomène, car l’institut n’a retrouvé ces molécules dangereuses pour l’homme que dans 1,3 % de ces produits.