Ces Marocains victimes de harcèlement sexuel

Le réseau marocain pour la défense des droits des hommes dénonce le harcèlement sexuel subit par les hommes. Selon son président, Abdelfettah Bahjaji, 10% des hommes suivies par l’association sont concernés.

Depuis de multiples années, le harcèlement sexuel dont sont victimes les femmes au Maroc est pointé du doigt. Des mouvements féministes tel que Woman-Shoufouch protestent régulièrement pour dénoncer le harcèlement sexuel que subissent les femmes. Mais la tendance tend à s’inverser. Aussi étonnant que cela puisse paraître, les plaintes pour harcèlement sexuel subit par des hommes sont de plus en plus nombreuses à être enregistrées. En effet, le réseau marocain pour la défense des droits des hommes (RMDDH), dirigé par Abdelfettah Bahjaji, a signalé plusieurs cas de ce type. L’association, qui a vu le jour le 29 février 2008, regroupe des intellectuels, des militants associatifs ou encore des professeurs et vient en aide aux hommes violentés. « Nous avons reçu plusieurs cas d’hommes victimes de harcèlement sexuel depuis la création du Réseau », a déclaré M. Bahjaji au média Yabildi.com. Nous sommes encore loin du phénomène de société mais pour les féministes ces accusations sont absurdes.

La guerre des sexes est déclarée

Elles sont cadres, riches héritières, caractérielles ou au fort caractère et certaines d’entre elles abusent de leur position pour arriver à leur fin. Selon Abdelfettah Bahjaji, sur les 3000 hommes reçues par l’association 10% d’entre eux déclarent avoir été victime de harcèlement sexuel. Les autres sont, entre autre, suivis pour violences conjugales. « Un jeune homme est venu nous voir, parce qu’il se faisait harceler sexuellement dans son travail par sa supérieure. Quand elle a compris que c’était désespéré, elle a fini par user de son pouvoir pour l’écarter, le marginaliser, jusqu’à le pousser à la démission », affirme le président de l’association. Il y a également le cas de ce chauffeur particulier employé par une femme riche. « Elle lui a fait plusieurs allusions, des avances (…) Devant son refus, elle a fini par le virer », raconte Mr. Bahjaji.

RMDDH, une association antiféministe ?

M. Bahjaji a prévenu, il n’est pas antiféministe. « Bien au contraire, nous essayons d’aider ces gens avec les moyens du bord. Nous avons des amis psychologues, avocats, etc. (…) Quand ces hommes viennent nous voir, c’est d’abord pour parler, donc ils ont besoin de soutien psychologique », déplore-t-il. « Ensuite ils s’attendent à ce qu’on leur trouve du travail ou à les aider à récupérer leur ancien poste, mais malheureusement, ce n’est pas notre rôle ». Toutefois, des avocats proches de l’association peuvent assurer un accompagnement juridique auprès des victimes souhaitant traduire leur harceleuse devant un tribunal.

Bien qu’il ne soit pas antiféministe, Abdelfettah Bahjaji est assez critique à l’égard des mouvements féministes. Il dénonce une diabolisation de l’homme, estimant que le harcèlement que subissent les femmes n’est pas aussi important que l’on veut le faire croire. « La démarche des féministes diabolise trop l’homme et en fait une sorte d’ennemi pour la femme. Alors que c’est faux, l’homme et la femme devraient être partenaires si on veut un avenir meilleur. Il faut arrêter de dresser des barrières entre les femmes et les hommes au Maroc », affirme-t-il.

Même si certaines partagent le combat menée par le RMDDH, d’autres ne comprennent pas comment est-il possible d’user son énergie dans une cause marginale alors que des milliers de marocaines souffrent. Dans un Maroc en perpétuel mouvement, où une histoire de démocratie est actuellement en cours, le chemin vers une parfaite parité homme femme semble être encore long…