Centrafrique : vers la normalisation de l’Etat ?


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Il semble qu’après le calme précaire que la Centrafrique a retrouvé suite à la baisse d’intensité des tirs d’armes et exactions commis par les éléments de la Séléka, tout concourt à un retour à la normalisation de l’Etat.

(De notre correspondant)

Même si tout n’est pas revenu dans l’ordre en Centrafrique. Quelques signaux prêtent à croire que le pays se cherche afin de se hisser sur la voie de la normalisation de l’Etat. A la différence des pires moments de la croisade criminelle de la Séléka, un début de moralisation est enregistré à Bangui, en dépit des tirs, vols, viols et assassinats qui se font de plus en plus sporadiques.

En effet, la persistance de la crise centrafricaine tient à la nature hétéroclite de cette rébellion flanquée d’une absence de vision commune et d’unité de commandement. Face aux pressions, critiques, dénonciations, condamnations voire l’isolement du régime du président Michel Djotodia, on a progressivement assisté à une scission organique de la Séléka, non pas par entité, mais par blocs spontanés des forces du mal d’une part et des faiseurs de paix d’autre part. Ostensiblement, les rapports de force semblent désormais en faveur des combattants de la bonne cause, aidés en cela par les forces de la Force multinationale de l’Afrique centrale (Fomac), les militaires français ainsi que par la population exaspérée.

La nomination du chef d’Etat major, le général Jean-Pierre Dollo-Waya ; le début du déploiement des combattants dans les quize régions militaires ; la traque inlassable des faux membre de l’ex-rébellion et de ses éléments incontrôlés ; la fin de la mission de la police militaire et celle des perquisitions sans mandat ; l’appel très entendu au retour des forces de défense et de sécurité… auront été le levier catalyseur.
A cela s’ajoute, une série de reprises dans l’administration publique et plus particulièrement la reprise des activités académiques d’abord à Bangui, puis lentement dans les villes de province. Le moins qu’on puisse dire est que le processus s’est bien enclenché. Reste alors la question du matériel de travail et les moyens nécessaires à redonner vie à l’Etat.

Les rencontres du président Djotodia avec les enseignants, les syndicats, les chefs, les médias, les partenaires de la municipalité, les confessions religieuses… participent à cet élan en balisant ainsi le chemin à ce relèvement global du pays. Alors que les partenaires au développement et amis de la République centrafricaine n’attendaient que la stabilité intérieure pour courir au chevet de ce peuple meurtri et cruellement affaibli par les événements que vient de traverser le pays. Cet élan de relance globale mérite bien le degré de prise de conscience des autorités politiques qui se sont investies profondément afin de redonner confiance non pas seulement aux partenaires de la Centrafrique mais également à la population.

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