Centrafrique : traque des musulmans à Bangui !

Des témoignages poignants de tueries dont sont victimes les musulmans en Centrafrique. Des personnes tuées au couteau ou à la machette, tel est le décor actuel à Bangui où la traque des musulmans se poursuit.

« C’est un musulman d’ici, il s’appelait Abaka, ils l’ont tué dans la cour de sa maison ». C’est en ces termes qu’un Centrafricain chrétien, du nom de Benjamin, a raconté au journaliste de l’AFP, comment son voisin a été assassiné par les anti-balaka qui, sous prétexte de combattre les ex-rebelles séléka, traquent férocement tout musulman dans la capitale centrafricaine.

« Il faut couvrir le cadavre », lance un soldat français de l’opération Sangaris, arrivé après l’assassinat. Pendant ce temps, des centaines de Centrafricains tentent de faire incursion dans la maison du mort pour la piller. Sauf qu’ils seront tenus en respect par un vingtaine de soldats français.

A moins de cent mètres, une autre terrible scène de Bangui, en bord de route. Cette fois, il s’agit du cadavre d’un jeune chrétien, tué par erreur car confondu avec un musulman. « Il faisait le look musulman avec des cheveux bouclés et un chapelet de prière autour du poignet », explique Victor à l’AFP. Les jambes du défunt, qui dépassent du tissu coloré qui le couvre, sont profondément entaillées, au dessus des chevilles. C’est fait exprès « pour que le sang coule plus vite », précise un connaisseur. La femme du mort et l’une de ses sœurs sont en pleurs. « Je lui avais dit de ne pas sortir », crie sa femme, mains au ciel. Le cadavre est chargé sur une charrette.

De l’autre côté, au quartier PK-12, dans le nord de Bangui, c’est un musulman, blessé par un couteau, qui est emporté par la Croix-rouge. Selon un gendarme centrafricain posté à la barrière, il s’agissait d’un ex-séléka, qui a été reconnu. « Un autre est arrivé, il voulait lancer une grenade, on l’a arrêté à temps ! », confie le gendarme au journaliste de l’AFP.

Au PK-12, on ne veut pas des séléka, mais les soldats français de l’opération Sangaris sont les bienvenus. C’est ce qu’ont rédigé à la craie sur un carton les vendeurs de manioc et de bois. A quelques mètres d’eux, une tâche de sang qui colore le bitume en rouge.