Centrafrique : toujours pas de gouvernement, l’invasion du Séléka se poursuit


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Alors que la formation du gouvernement d’union nationale devient de plus en plus hypothétique, les rebelles de la coalition Séléka ne tarit pas dans ses offensives à l’intérieur du pays. Ils ont saccagé l’évêché d’Alindao lundi 28 janvier et ont investi le lendemain les villes de Dékoua, Satéma et Njoukou.

(De notre correspondant)

Les premières conséquences du retard accusé dans la constitution du gouvernement de transition n’ont pas tardé à se faire sentir. La mise en œuvre des accords de Libreville en pâtissent, puisque le pays tourne au ralenti en ce moment. Tout est bloqué et les Centrafricains attendent impatiemment la constitution du gouvernement qui devra déboucher tous les secteurs et faire revivre le pays.

Quand on parle des premières conséquences, allusion est faite à la persistance des attaques perpétrées par les éléments, désormais incontrôlés, de la coalition Séléka. Pas plus tard que les 28 et 29 janvier dernier, ces derniers ont mis la main sur des nouvelles villes. Il s’agit des villes d’Alindao et de Satéma dans est du pays, puis les villes de Dékoua et Ndjoukou dans le Centre.

A la différence des deux dernières villes où les rebelles n’ont pas causé de dégâts importants, à Alindao le bilan de l’attaque est alarmant. Ils ont investi l’évêché où Mgr José Aguiré a été molesté, du fait qu’il a été le premier a dénoncé, sur les ondes de RFI, les précédentes attaques perpétrées par les éléments de Séléka dans les villes de Kémbé et Djimbi. Ils ont pillé l’évêché et emporté un véhicule et des motos de l’Ong CARITAS. Cette nouvelle donne va sans compter la détérioration chronique de la situation socioéconomique qui va decrescendo en decrescendo avec une asphyxie généralisée imposée par la crise tant à Bangui que dans les villes de province.

Bozizé reste le seul auteur de cette situation. Car il a bloqué le processus de la formation du gouvernement sans donner d’explications. Déjà, il a sciemment provoqué cette impasse lorsqu’il a été question de nommer le chef du gouvernement. Une fois de plus, il vient de bloquer le processus de la formation même du gouvernement, en confisquant la liste des personnalités devant représenter la majorité présidentielle. Alors que le vendredi 25 janvier, Me Nicolas Tiangaye a affirmé lors d’une conférence de presse que toutes les entités ont déjà envoyé la liste de leurs membres du gouvernement, seule la majorité présidentielle est attendue. Mais, qu’attend Bozizé pour faire parvenir la liste de son entité ?

L’on serait tenté de croire que les critères de compétence et de crédibilité basés sur le curriculum vitae, évoqués par Me Tiangaye, ont disqualifié d’office les ministrables de Bozizé. Et si cela en est le cas, la majorité regroupe plus de trente partis politiques. Le président pourrait toutefois choisir d’autres personnalités répondant aux critères, afin de les proposer pour la formation du gouvernement.

Aujourd’hui, il est devenu un impératif vital que le gouvernement soit mis en place rapidement, afin que les nouveaux membres du gouvernement stoppent l’hémorragie. Si jamais cette situation perdure, les éléments de Séléka encore sur le terrain et jadis insatisfaits des accords de Libreville risqueront d’envisager et explorer d’autres options, étant donné qu’ils ont encore les armes en main.

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