Centrafrique : rencontre entre Sangaris, l’armée et ex-séléka, après les violences

Une rencontre entre les différents chefs des forces françaises Sangaris, de l’armée et des ex-rebelle de la coalition séléka s’est tenue ce dimanche, en Centrafrique, dans la ville de Bambari, théâtre d’affrontements ce week-end.

Après les violences du week-end entre soldats français et combattants de l’ex-séléka qui ont fait plusieurs morts à Bambari, dans le centre de la Centrafrique, l’heure était à l’accalmie, ce dimanche. Les dirigeants des trois camps qui se sont affrontés samedi dernier se sont rencontrés afin de discuter des modalités de désarmement de l’ex-coalition à majorité musulmane. Le commandant des forces françaises de l’opération Sangaris, Francisco Soriano, le coordonnateur des Forces républicaines, (l’armée nationale), le général Abdoulaye Hissène ainsi que le porte-parole de l’ex-alliance rebelle, le colonel Djouma Narkoyo, se sont réunis ce dimanche.

L’armée française a bombardé samedi dernier des positions occupées par l’ex-rébellion à Bambari, détruisant deux pick-up. Depuis plusieurs jours, cette ville est devenue la base de commandement des ex-séléka. La situation est tendue dans la localité où stationne un contingent de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA).

« Nous sommes exposés aux attaques des anti-balaka »

La raison des tensions reste le difficile désarmement des ex-rebelles séléka. « Nous ne sommes pas contre le désarmement. Ce que nous voulons, c’est qu’il y ait d’abord la paix et la sécurité. Parce que chaque fois qu’on nous désarme, nous sommes exposés aux attaques des anti-balaka qui sont soutenus par les Sangaris. On a quitté Bangui, ils sont venus nous rejoindre à Bambari, transportés par les Sangaris », a déclaré à Xinhua le colonel rebelle Djouma Narkoyo.

La situation sécuritaire hors de contrôle en Centrafrique en dehors de la capitale, Bangui, complique grandement toute sortie de crise. Les négociations sont rendues difficiles par l’hétérogénéité et la non-structuration des mouvements anti-balaka et ex-séléka. Les luttes d’influences internes à ces groupes armées et le manque d’interlocuteur représentatif de ces deux parties sont une résistance de plus à la pacification du pays.

« Il a été aussi décidé que les déplacements hors de la ville sont soumis à la délivrance d’ordres de mission signés par le général Abdoulaye Hissène et le général Soriano », a conclu Djouma Narkoyo. Reste à réussir à mettre les nouvelles mesures décidées en application.