Centrafrique : Patassé accusé de commanditer l’assassinat d’un député d’opposition

Alors que le pays est paralysé par une grève générale, l’un des leaders de l’opposition accuse le régime du président Patassé d’avoir tenté de le faire assassiner.

L’ancien Premier ministre centrafricain et président du Parti de l’unité nationale (PUN), Jean-Paul Ngoupandé, a accusé, le 27 novembre dans un communiqué de presse, le président Patassé d’avoir commandité deux assassinats contre lui.

Selon le député qui a porté plainte auprès du procureur de la République de Bangui, la première tentative aurait eu lieu dans la nuit du 23 au 24 novembre. A la veille de la grande manifestation des fonctionnaires en grève pour toucher des arriérés de salaires. Le gouvernement centrafricain attend toujours le décaissement de 3 milliards de FCFA de la Banque mondiale pour honorer sa promesse de payer les trois mois de salaires aux fonctionnaires.

M Ngoupandé met en cause « trois individus en civil circulant à bord d’un véhicule de type Nissan B13, non immatriculé, avec à l’intérieur dudit véhicule deux fusils AK47 et un nombre importants de grenades « . Ils auraient  » rebroussé chemin  » devant le nombre de  » jeunes militants  » présents devant le domicile du président du Parti de l’unité nationale.

Deux visites armées, sans coup de feu

La seconde tentative de meurtre (sans plus de résultat que la première) aurait été perpétrée deux jours plus tard, le dimanche 26 novembre, par le même commando. M Jean-Paul Ngoupandé affirme avoir reconnu des collaborateurs de l’Unité de sécurité présidentielle (USP): un dénommé Kanckou,  » collaborateur occasionnel des commandos patassistes  » et un certain Dambelé, membre de l’USP.

De même source, le commando s’intéressait aussi à Théophile Sonny Cole, secrétaire général de centrale syndicale, l’Union syndicale des travailleurs de Centrafrique.

M Ngoupandé a déposé une plainte auprès du procureur de la République et confié « le dossier aux anciens bâtonniers de l’Ordre des avocats centrafricains, Assingambi Zarambaud et Nicola Tiangaye « , nous a confirmé l’intéressé par téléphone. L’ancien Premier Ministre a déclaré que » Dambelé, est impliqué dans l’assassinat de l’Ambassadeur de Libye ».

 » C’est un petit pays, ici. Comme le régime ne trouve pas dans les rangs des forces de l’ordre des personnes qui souhaitent effectuer ses tâches de basses fosses, il a puisé dans son vivier d’homme de mains connus de la police « , a avancé M Ngoupandé pour expliquer  » la facilité  » avec laquelle ses sympathisants ont  » reconnu les intrus « . En clair, il y a eu  » des fuites  » au sein des services de sécurité.