Centrafrique : Michel Djotodia non présidentiable ?

Le nouvel homme fort de la Centrafrique Michel Djotodia pourrait ne pas se présenter à la prochaine élection présidentielle, prévue d’ici trois ans, à la fin de la transition politique.

Michel Djotodia qui avait laissé entendre dès les premiers jours de son accès au pouvoir qu’il pourrait bien être candidat au prochain scrutin a finalement affirmé que, selon les accords de Libreville, ceux qui dirigent le pays, ne devraient pas se représenter à la prochaine présidentielle.

Sécuriser le pays

En clair, selon ces accords, ceux qui sont aux commandes du pays, en l’occurence le Premier ministre et le président par intérim aussi, ne peuvent se présenter comme candidats au scrutin présidentiel. « Nous allons agir selon l’esprit des accords (de paix) signés à Libreville (…) », a déclaré le chef de la rébellion Séléka, autoproclamé président après avoir chassé du pouvoir François Bozizé, le 24 mars. « Et effectivement, il a été dit à Libreville que ceux qui seront à la commande de ce pays ne vont pas se présenter à l’élection présidentielle », a souligné Michel Djotodia, rapportent les médias locaux.

Le nouveau leader de la Centrafrique estime que « le plus important pour l’heure ce ne sont pas les élections ». D’après lui, « à partir du moment où le pays n’est pas sécurisé, l’économie est complètement à zéro, nous ne pouvons pas parler des élections », soulignant que « le pays sera géré de manière claire, nous avons la volonté de rétablir un Etat de droit, il n’y aura plus de prison politique. »

Pillages sur pillages

Toutefois les nouveaux dirigeants de la Centrafrique sont face à un immense chantier, dans un pays en grande difficulté, où les infrastructures sont en lambeaux, où les hôpitaux sont en piteux état, où l’économie est au plus bas, où les instances politiques sont chaotiques, où la population ne mange pas à sa faim, où l’armée n’a pas les moyens de sécuriser le territoire… Même si l’armée centrafricaine s’est ralliée aux rebelles, l’insécurité règne en maître à Bangui, où les pillages sont devenus monnaies courante.

Les leaders centrafricains ont d’ailleurs admis, lors d’un entretien avec Afrik.com, « qu’ils sont débordés » avec l’insécurité grandissante, notamment les pillages, dans le pays. Un pays, ils le savent, qu’ils doivent à tout prix sécuriser pour espérer se maintenir au pouvoir.