Centrafrique : « Les droits de l’Homme ne cessent d’être bafoués », selon l’ONU

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La situation des droits de l’Homme ne cesse de se détériorer en Centrafrique, malgré la présence des troupes françaises de l’opération Sangaris et de la force africaine MISCA, a prévenu l’ONU.

En Centrafrique, ça va de mal en pis ! La situation des droits de l’Homme ne cesse de se détériorer, malgré les efforts déployés par les nouvelles autorités et la communauté internationale, a averti ce mercredi l’experte de l’ONU de ce pays, Marie-Thérèse Keita Bocoum. « La faiblesse de l’Etat est importante partout, il est pratiquement impossible de lutter actuellement contre l’impunité », a-t-elle déclaré devant le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU.

L’experte ivoirienne, nommée le 20 janvier lors d’une session extraordinaire du Conseil, s’est rendue en Centrafrique du 4 au 14 mars. Elle s’exprimait mercredi devant le Conseil, pour la première fois depuis son retour, et doit présenter un rapport plus complet en juin. Selon elle, « les violations et abus des plus atroces et horribles continuent de se produire sans aucune forme de justice. La situation des droits de l’Homme ne cesse de se détériorer depuis le début de la crise malgré tous les efforts déployés par les nouvelles autorités et la communauté internationale ».

Pour Marie-Thérèse Keita Bocoum, « ces violations sont perpétrées par les séléka et les anti-balaka et aussi les éléments de l’armée de résistance du Seigneur (LRA, guérilla ougandaise opérant en RCA)». D’après elle, « le diagnostic de la situation montre une continuation des violations graves et atroces des droits de l’Homme, même si elles ont diminué par rapport aux mois de décembre et janvier derniers », citant « les abus y compris les tueries et le déplacement forcé des communautés, plus souvent musulmanes, de leurs localités d’origine ».

L’envoyé de l’ONU va même plus loin, estimant qu’il est nécessaire « de déployer au plus vite une mission de paix capable de ramener et d’assurer la paix sur toute l’étendue du territoire national », incitant l’Etat centrafricain à restaurer « son autorité et à soumettre les auteurs des violations des droits de l’Homme à la justice nationale et/ou internationale ».