Centrafrique : le procès de François Bozizé devant la CPS s’ouvrira le 16 juin


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L'ancien Président centrafricain,, François Bozizé
François Bozizé, ancien Président centrafricain

La justice centrafricaine ouvre un dossier sensible en fixant la date du procès de François Bozizé. L’ancien président sera jugé avec d’anciens responsables militaires dans une affaire qui relance le débat sur l’impunité.

La Cour pénale spéciale a annoncé l’ouverture du procès dit de Bossembélé pour le 16 juin 2026. Cette procédure vise l’ancien président François Bozizé ainsi que plusieurs de ses anciens collaborateurs militaires. Elle porte sur des accusations graves liées à des exactions commises entre 2009 et 2013. Un procès qui intervient dans un contexte où la justice centrafricaine cherche à renforcer sa crédibilité.

Les sombres coulisses du centre d’instruction de Bossembélé

Au cœur de ce dossier judiciaire se trouvent les exactions présumées commises entre 2009 et 2013 par la garde présidentielle de l’époque. Les charges sont particulièrement lourdes : crimes contre l’humanité et crimes de guerre, incluant des meurtres, des actes de torture, des disparitions forcées et des privations graves de liberté. Les faits se seraient déroulés principalement au centre d’instruction militaire de Bossembélé, situé à 150 km au nord de Bangui, mais aussi dans la capitale et à Bouar. Pour les victimes et les parties civiles, ce procès représente l’aboutissement de plus d’une décennie d’attente pour que la lumière soit faite sur ces atrocités.

Un ancien chef d’État face à la justice ou à la contumace

L’enjeu majeur de cette audience reste la présence physique de François Bozizé. Actuellement en exil en Guinée-Bissau et visé par un mandat d’arrêt international depuis avril 2024, l’ancien président dispose encore d’un délai de vingt jours pour se présenter volontairement devant la Cour. Le greffe de la CPS a été on ne peut plus clair : s’il ne répond pas à l’appel de la justice, il sera jugé par contumace. Contrairement à lui, ses co-accusés, Eugène Barret Ngaïkosset, Vianney Semndiro et Firmin Junior Danboy, sont déjà sous les verrous en République centrafricaine, en détention préventive. Ils se préparent à affronter les juges en personne le 16 juin.

Un signal contre l’impunité en République centrafricaine

La CPS, institution nationale hybride créée avec l’appui de l’ONU, joue ici sa crédibilité et sa mission fondamentale. En s’attaquant à un ancien occupant du palais de la Renaissance et à ses lieutenants, la Cour envoie un message limpide : nul n’est au-dessus des lois, quel que soit son rang passé ou présent. Bien que les accusés bénéficient de la présomption d’innocence, ce procès est perçu comme une étape indispensable pour la réconciliation nationale et la réparation des préjudices subis par les populations civiles. À Bangui, l’attention est désormais braquée sur le Palais de Justice pour ce qui s’annonce comme l’un des procès les plus emblématiques de la lutte contre l’impunité sur le continent.

Sidoine
Sidoine observe, écoute et raconte l’Afrique telle qu’elle se vit au quotidien. Sur Afrik.com, il mêle récits, portraits et analyses pour donner chair aux événements et aux débats qui animent le continent
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