Centrafrique : la ville de Bossangoa tombe entre les mains du Séléka


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Les troupes de la coalition Séléka contrôlent, depuis ce matin, l’importante ville du centre-nord de la Centrafrique, fief du président Bozizé, Bossangoa. Elle tombe dans les mains des rebelles un jour après la reprise des hostilités armées.

(De notre correspondant)

A la différence de la ville de Bouca et Batangafo, où la prise par les
éléments du Séléka a duré, c’est-à-dire que les Forces armées leur ont
opposé une riposte, la ville de Bossangoa serait très facilement
tombée, la durée relativement courte de la coupure téléphonique avec
la ville en témoigne. Par ailleurs, cette coupure des lignes
téléphoniques entre Bossangoa et toute autre destination aux environs
de 9 heures du matin n’a pas permis d’établir exactement les
circonstances de l’entrée des combattants de la rébellion dans la ville de Bossangoa. Ce qui est sûre pour l’instant, la ville de Bossangoa est
sous le contrôle du Séléka.

Ce matin, aux environs de 6-7 heures, il était encore possible de communiquer à destination de Bossangoa. Selon les informations recoupées à ces heures-là, les troupes du Séléka qui
menaçaient hier, jeudi, de foncer sur Bossangoa étaient déjà en mouvement en direction de la ville très tôt dans la matinée. Or, peu
de temps après, aux environs de 9 heures plus aucune communication
téléphonique n’était possible et ce, jusqu’à ce vendredi. Ce qui
confirme bien la chute du fief du Bozizé, notamment la ville de Benzambé qui n’est qu’à quelques kilomètres de Bossangoa.

La population, prise de panique, ont commencé à fuir la ville dès jeudi. Selon les informations recoupées avant la coupure des lignes téléphoniques, les habitants sont en train d’évacuer Bossangoa. D’autres sources indiquent que les combattants seraient dans la logique de foncer sur la ville natale du président
Bozizé, notamment la ville de Benzambé qui n’est qu’à quelques
kilomètres de Bossangoa.

Pour l’heure, il n’y a pas d’autres détails, puisque la communication est coupée. Le danger capital et stratégique de la prise de Bossangoa, c’est l’occupation de l’unique voie restante d’approvisionnement de la
capitale Bangui en provenance du Cameroun, notamment l’axe
Garoua-Boulai. Les conséquences seront éminemment insupportables pour la population de la capitale centrafricaine. Une manière d’asphyxier complètement la ville et ainsi d’accélérer la pression sur le président Bozizé pour qu’il quitte le pouvoir.

Même si le président Bozizé a signé à la veille de l’expiration de
l’ultimatum de 72 heures lancé par Séléka, le décret de libération des
prisonniers politiques et l’enlèvement des barrières illégales érigées
par ses milices, les responsables de la rébellion ont estimé ce geste
tardif. Il y va de même, selon la coalition rebelle, de la mission du médiateur qui n’est intervenu qu’au moment où il a pris radicalement la résolution de rompre avec le dialogue.

L’unique option plausible pour le Séléka, c’est de prendre de force le pouvoir de Bangui. Alors que le président Bozizé et le Premier
ministre, Me Nicolas Tiangaye, se disent disposés à résoudre
pacifiquement la crise.

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