Centrafrique : l’experte de l’ONU appelle à doter la MINUSCA de « capacités nécessaires »

L’experte de l’ONU en Centrafrique a appelé, lundi, la communauté internationale à doter d’urgence la MINUSCA de ressources adéquates afin de ramener la paix et la stabilité dans le pays.

L’experte indépendante des Nations-Unies sur la situation des droits de l’Homme en République centrafricaine, Marie-Thérèse Keita-Bocoum, a appelé, lundi, à doter rapidement la MINUSCA de capacités et ressources adéquates.

« Cette réponse doit être multidimensionnelle, concertée et mieux articulée afin de pouvoir relever les nombreux défis auxquels est confrontée la République centrafricaine (RCA) », a précisé l’experte indépendante. « Pour ce faire, j’invite la communauté internationale à rapidement doter la MINUSCA de toutes les capacités et ressources nécessaires pour qu’elle puisse pleinement faire usage de son mandat et atteindre les objectifs qui lui sont assignés. », a-t-elle indiqué lors de la présentation de son dernier rapport au Conseil des droits de l’homme le 24 juin. « Ceci doit être réalisé en coopération avec les autorités de transition, les forces internationales de maintien de la paix, les partenaires internationaux et l’équipe de pays des Nations-Unies », a ajouté Marie-Thérèse Keita-Bocoum.

Dans ce rapport, l’experte met en lumière la situation des droits de l’Homme dans le pays, à partir d’informations recueillies lors de deux visites effectuées du 4 au 14 mars, et du 10 au 18 avril 2014. Les conclusions du rapport révèlent que de nombreuses violations des droits de l’Homme ont été enregistrées depuis le début de la crise, en décembre 2012. L’on dénombre des exécutions extrajudiciaires, des cas de torture, de viol de femmes et de filles, des incendies de villages, des pillages et diverses exactions.

Trois propositions pour améliorer la sécurité

Le rapport note par ailleurs que les ex-séléka (musulmans) et les anti-balaka (chrétiens et animistes) continuent de se livrer à de graves violations des droits de l’Homme. Les déplacements forcés de communautés, en majorité musulmanes, n’ont pas cessé. D’après elle, « cette tournure récente pourrait conduire à la partition du pays, étant donné que la minorité musulmane cherche désormais à s’installer dans la partie nord du pays ou à chercher refuge dans les pays voisins », a précisé Mme Keita-Bocoum.

Cette dernière a formulé trois propositions visant à améliorer les conditions de vie en Centrafrique :

 déploiement de forces de maintien de la paix tel qu’énoncé dans la résolution 2149 du Conseil de sécurité, afin de protéger la population ;

 fourniture au gouvernement l’assistance technique nécessaire pour lui permettre de lutter efficacement contre l’impunité et de restaurer la chaîne pénale et l’autorité de l’Etat ;

 renforcer les initiatives locales en faveur de la réconciliation entre communautés afin de promouvoir la notion de « vivre ensemble ».