Centrafrique, Election du président de l’Assemblée nationale : soupçons d’achat de voix

Alors que l’élection du président de l’Assemblée nationale, le deuxième personnage le plus important de l’Etat dans l’ordre protocolaire, est programmée pour ce vendredi 6 mai, de lourds soupçons d’achat de voix pèsent sur certains candidats. L’un d’entre eux en particulier est montré du doigt : Karim Meckassoua, qui fut, durant six ans, ministre du très controversé ex-Président François Bozizé.

« Karim Meckassoua va-t-il se payer la présidence de l’Assemblée nationale ? », c’est le titre d’un article publié par nos confrères de CorbeauNews.ca. Manifestement bien informé, le site d’information centrafricain met en garde contre les pratiques d’achat de voix à grande échelle, opérées par celui qui n’a obtenu que 3,21 % des suffrages à l’occasion de la dernière élection présidentielle à laquelle il était candidat.

« Lors de la campagne électorale pour l’élection présidentielle de décembre 2015, c’est le candidat dit indépendant, Karim Meckassoua, qui a – de loin – dépensé le plus d’argent parmi les 30 candidats en lice… pour tenter de s’offrir, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes, un destin présidentiel qui lui aurait été inaccessible autrement », rappelle CorbeauNews.ca.

Selon notre confrère centrafricain, Karim Meckassouaaurait « décidé de remettre le couvert en se lançant cette fois-ci à l’assaut du perchoir de l’Assemblée nationale ». Et, visiblement, il y mettrait les moyens. « Il vient d’inviter à déjeuner une poignée de nouveaux députés dans un grand restaurant de Bangui afin de leur remettre des macarons, des écharpes et autres sacoches en cuir, sans compter des costumes et sans oublier une enveloppe de 100.000 F CFA à chacun. Tout cela, pour que ces députés se prononcent en sa faveur lors du vote à la présidence de l’Assemblée nationale, ce vendredi 6 mai 2016 », révèle CorbeauNews.ca. « Acheter ainsi une élection, c’est inadmissible et insupportable », conclut le site d’information centrafricain, qui évoque une tentative manifeste de « pervertir la démocratie renaissante en Centrafrique ».

Quelle sera l’attitude observée par le tout nouveau président de la République, Faustin Archange Touadéra, dont l’influence devrait être décisive lors du vote pour la présidence de l’Assemblée nationale ? Quoi qu’il en soit, si de telles pratiques avaient cours, « ce serait le signe que (le) pays n’a décidément pas cessé de renouer avec les démons du passé, qui l’ont tant fait souffrir », conclut, dépité, notre confrère centrafricain.