Centrafrique : des candidats de l’opposition interpellent la Cour constitutionnelle

(Anicet Georges Dologuélé et Nicolas Tiangaye (cravate)

Six candidats de l’opposition ont introduit une requête à la Cour constitutionnelle pour la reprise des élections, après le retrait de Jean-Serge Bokassa de la course.

L’article 115 du Code électoral centrafricain stipule qu’en cas de « retrait de l’un des candidats entre la publication de la liste des candidats et le premier jour du scrutin », l’organisation de l’élection est « entièrement reprise, avec une nouvelle liste de candidats ».
S’appuyant sur cet article, six candidats de l’opposition à la Présidentielle prévue pour le dimanche prochain, 27 décembre 2020, ont saisi la Cour constitutionnelle pour requérir une reprise des élections, à la suite du retrait de la candidature de Jean-Serge Bokassa. Il s’agit de : Anicet Georges Dologuélé, Nicolas Tiangaye, Karim Meckassoua, Désiré Kolingba, Mahamat Kamoun et Cyriaque Gonda.

Il faut préciser que contrairement au régime du Président Faustin-Archange Touadéra, qui tient mordicus à respecter le calendrier électoral pour une organisation du scrutin le 27 décembre, de nombreuses voix s’élèvent depuis plusieurs jours pour demander le report de l’élection. Cette position se justifie par la montée de la violence dans plusieurs villes du pays où fourmillent les groupes rebelles armés qui créent un climat d’insécurité sur toute l’étendue du territoire. Au cours de cette semaine, la ville de Bambari était tombée sous le contrôle des rebelles avant d’être reprise par les Casques bleus.

L’ancienne présidente de l’Autorité nationale des élections (ANE), institution chargée de l’organisation des élections en Centrafrique, qui vient de passer la main, avec toute son équipe, à un nouveau bureau, ne semble cependant pas voir les problèmes sécuritaires qui se posent dans le pays. En effet, dans un communiqué qu’elle a publié jeudi dernier, à quelques minutes de la fin de son mandat, la présidente a clairement indiqué que l’élection se prépare dans de « très bonnes conditions ».

Au sujet de l’article 115 du Code électoral, la balle est désormais dans le camp de la Cour constitutionnelle centrafricaine, garante de la légalité constitutionnelle.