Centrafrique : comment les 2 soldats français, Nicolas Vokaer et Antoine Le Quinio, ont été tués à Bangui

La France a perdu deux de ses soldats dans la nuit de lundi à mardi à Bangui, la capitale centrafricaine, dans le cadre de l’opération « Sangaris ». Il s’agit des soldats de 1ère classe, Nicolas Vokaer et Antoine Le Quinio, du 8e Régiment de parachutistes d’infanterie de marine (RPIM) de Castres.

Déjà deux soldats français sont tombés en Centrafrique dans la nuit de lundi à mardi lors d’accrochages à Bangui. Les soldats de 1ère classe, Nicolas Vokaer et Antoine Le Quinio, du 8e Régiment de parachutistes d’infanterie de marine (RPIM) de Castres, sont décédés des suites de leurs blessures à l’antenne chirurgicale de l’aéroport. Ils sont les premiers morts de l’armée française depuis le lancement de l’opération « Sangaris », qui vise à rétablir l’ordre dans le pays, à commencer par désarmer les milices rebelles. Quelque 1 600 soldats ont ainsi été déployés aux côtés de 2 500 soldats de la force africaine.

Ces soldats tués « ont perdu la vie pour en sauver beaucoup d’autres », a déclaré l’Elysée dans un communiqué, après avoir annoncé un peu plus tôt que le chef de l’Etat se rendra dans la journée à Bangui, depuis l’Afrique du Sud où François Hollande a assisté à la cérémonie d’hommage en l’honneur de Nelson Mandela.

« Le président de la République a appris avec une profonde tristesse la mort au combat » de ces deux militaires, a poursuivi la présidence, ajoutant qu’il adressait « avec émotion ses sincères condoléances à leurs familles et à leurs proches et les assure de la solidarité de la Nation dans ces douloureuses circonstances ».

Une opération qui tourne au vinaigre ?

« Le chef de l’Etat exprime son profond respect pour le sacrifice de ces deux soldats et il renouvelle sa pleine confiance aux forces françaises engagées aux côtés des forces africaines, pour rétablir la sécurité en République centrafricaine, protéger les populations et garantir l’accès de l’aide humanitaire », a encore écrit l’Elysée.

Selon le Président PS de l’Assemblée nationale française, Claude Bartolone, les deux soldats ont été blessés durant une patrouille nocturne. Transportés d’urgence vers l’antenne chirurgicale, les deux soldats « n’ont pas pu être sauvés », a expliqué M. Bartolone.

L’opération de désarmement des milices en Centrafrique promis par Paris a débuté ce lundi 9 décembre, bien que le « travail » ne soit pas « facile », selon le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, sur France Inter. Car en effet, les anciens rebelles de la Séléka ont pour l’heure conservé les armes, tournant ainsi le dos à l’avertissement lancé par la France. « Mais nos militaires sont très, très professionnels et préparés, avait-t-il ajouté. La difficulté c’est que beaucoup d’ex-Séléka (l’ancienne rébellion, ndlr) ont enlevé leur treillis et se sont mis en civil (…) et il est difficile de reconnaître les individus ».