Centrafrique : comment la France a convaincu l’ONU de la nécessité d’un recours à la force

L’organe exécutif des Nations Unies vient d’achever les premières consultations sur un rapport recommandant l’envoi de 6 000 à 9 000 Casques bleus. Cette option, défendue par Paris depuis plusieurs mois pour sécuriser le pays livré au chaos après le renversement du Président François Bozizé en mars, est celle que favorise le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.

L’organe exécutif des Nations Unies vient d’achever les premières consultations sur un rapport recommandant l’envoi de 6 000 à 9 000 Casques bleus. Cette option, défendue par Paris depuis plusieurs mois pour sécuriser le pays livré au chaos après le renversement du Président François Bozizé en mars, est celle que favorise le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, Jan Eliasson, vice-secrétaire général de l’institution, a, s’agissant de la Centrafrique, parlé d’un « pays au bord du chaos qui nécessite la transformation rapide de l’actuelle force africaine sur place ».

Huit mois, c’est le temps qu’il aura fallu aux quinze pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU pour s’entendre sur le « besoin d’une action rapide et décisive » en République centrafricaine (RCA). Malgré les réticences américaines de financer une opération de maintien de la paix, quatre mois après le déploiement de la quinzième du genre au Mali, le consensus est sur la voie de l’emporter. A peine les quinze membres s’étaient-ils quittés, après avoir entendu le vice-secrétaire général de l’ONU, Jan Eliasson, mettre en garde contre un « conflit religieux et ethnique entre chrétiens et musulmans risquant de mener à des atrocités de masse », que la France faisait circuler un projet de résolution destiné à transformer, à terme, en une Opération de maintien de la paix la force panafricaine déjà présente en Centrafrique (MISCA).

« Tous les pays partagent la même préoccupation (…), le même constat alarmant », a résumé, lundi 25 novembre, l’ambassadeur de France, Gérard Araud, à l’issue de ces premières consultations de l’organe exécutif des Nations Unies. Selon l’ambassadeur français, Gérard Araud, une résolution pourrait être adoptée la semaine prochaine. Ainsi, la résolution, placée sous chapitre VII de la Charte des Nations Unies, prévoyant un recours à la force, autorise les forces françaises déployées en RCA à « prendre toutes les mesures nécessaires pour soutenir la Misca ». Les Français joueront le rôle d’une « force de relais » pour protéger les civils, en attendant que la force panafricaine puisse le faire. 3 600 soldats africains sont censés être déployés au 19 décembre.

En attendant, et parce qu’il faut six mois en moyenne pour le déploiement d’une Opération de maintien de la paix, la résolution attribue un mandat de cette durée à la MISCA, décide la création d’un fonds fiduciaire pour gérer les contributions volontaires destinées à la financer, impose un embargo sur les armes et demande à Ban Ki-moon de livrer, dans « trois mois au plus tard », un concept d’opération pour l’envoi de Casques bleus. Selon un précédent rapport de Ban Ki-moon, la force onusienne serait composée de 6 000 soldats et 1 700 policiers. La France va déposer prochainement une résolution afin de renforcer la force africaine présente en Centrafrique, la MISCA. D’après l’ambassadeur français, Gérard Araud, cette résolution pourrait être adoptée la semaine prochaine.

Reçu lundi 25 novembre à Paris par Laurent Fabius, le Premier ministre centrafricain, Nicolas Tiangaye, a eu le soutien de la France qui s’est dit prête à envoyer 800 soldats supplémentaires à Bangui. Mardi 26 novembre, Jean-Yves Le Drian, le ministre de la défense, a annoncé sur Europe 1 qu’un millier de soldats seraient déployés dans le pays « pour une période brève, de l’ordre de six mois à peu près ».