Centrafrique : 6 candidats en course, Bokassa se retire

Jean-Serge Bokassa

À l’image du Niger, la Centrafrique vote ce dimanche 27 décembre 2020, pour élire son Président et ses députés, dans un contexte socio-politique très délétère. Quelque 1,8 million d’électeurs sont appelés aux urnes. Des élections qui seront sous la supervision d’une mission d’observation électorale de l’UA, avec à sa tête l’ex-Premier ministre malien Modibo Sidibé.

À l’école préfectorale du quartier Bimbo, l’ouverture était prévue à 6 heures du matin, mais à cette heure-là, les portes étaient encore fermées. Depuis, les urnes et les kits électoraux sont arrivés et les électeurs attendaient dans le calme.

À la mairie, le responsable de l’Autorité nationale des élections (ANE) pour ce secteur a expliqué qu’en raison des craintes sécuritaires, il avait préféré attendre que le jour soit levé pour acheminer le matériel jusqu’au bureau de vote. Aux environs de 9 heures, le Président sortant Faustin-Archange Touadéra a voté au lycée Boganda de Bangui, dans la capitale centrafricaine.

Ils sont 6 candidats à la course pour le fauteuil présidentiel : Anicet Georges Dologuélé, Nicolas Tiangaye, Karim Meckassoua, Désiré Kolingba, Mahamat Kamoun et Cyriaque Gonda. Mais, Jean-Serge Bokassa, fils de l’ancien Président Jean-Bedel Bokassa, autoproclamé Empereur de Centrafrique sous le nom de Bokassa 1er en 1976, s’est retiré de la course à la Présidentielle. Ce qui devrait automatiquement entraîner « la reprise du vote », en application de l’article 115 du Code électoral centrafricain en vigueur, selon les six candidats.

Renversé le 24 mars 2013 par les rebelles de la Seleka, l’ancien Président François Bozizé, accusé par les Nations Unies d’être derrière la rébellion et qui avait jusque-là un positionnement ambigu, a lancé, ce dimanche matin à Sango, un appel relayé sur Internet, dans lequel il déclare fermement, cette fois, soutenir la rébellion. Il a également appelé les Centrafricains à ne pas se rendre aux urnes.

Samedi encore, à la veille du scrutin, quelques tirs isolés ont été entendus au milieu de la nuit, à Bangui, d’origine indéterminée, mais depuis, tout est calme dans la capitale. Néanmoins, des combats se poursuivaient dans le pays entre des groupes armés réunis au sein de la Coalition patriote pour le changement (CPC) et les forces gouvernementales. Vendredi 25 décembre encore, trois Casques bleus ont été tués.

Anicet Georges Dologuélé
Cyriaque Gonda
Désiré Kolingba
Karim Meckassoua
Mahamat Kamoun
Nicolas Tiangaye