Centrafrique : 22 morts dans des heurts, le PM appelle à une trêve

Au moins 22 personnes sont mortes dans des violences lundi et mardi derniers dans le village de Liwa, à l’est de la Centrafrique.

Les violences qui ont éclaté lundi et mardi derniers dans le village de Liwa, à 10 km de Bambari, à l’est de la Centrafrique ont fait au moins 22 morts.

« Au moins 22 personnes ont été tuées et plus d’une trentaine d’autres blessées dans des affrontements qui ont éclaté lundi et mardi derniers dans le village Liwa, à 10 km de Bambari » (est), a affirmé jeudi à l’AFP une source au sein de la gendarmerie locale. Ces violences opposaient « des ex-séléka appuyés par des peulhs armés et des anti-balaka », a précisé la même source.

Une trêve pendant le Mondial ?

Le Premier ministre centrafricain, André Nzapayéké, compte sur la Coupe du monde pour canaliser les tensions. Ce dernier a appelé mercredi les Centrafricains à mettre fin aux tensions intercommunautaires dans le pays pendant le Mondial qui commence ce jeudi et le Ramadan qui doit débuter fin juin.

« Demain, jeudi 12 juin aura lieu le premier match de la Coupe du monde. Beaucoup de monde a convenu d’une cessation ou d’une suspension des mouvements sociaux, pour permettre à la population, à la jeunesse surtout, de profiter pleinement de cet évènement qui n’a lieu que tous les quatre ans », a déclaré le Premier ministre dans une allocution à la presse à Bangui.

« Enfin le 28 juin prochain, a-t-il souligné, démarrera le ramadan, une période de paix et d’amour, une période pendant laquelle on s’entraide, on vient en aide aux plus faibles. Une période de partage. Une période pendant laquelle le plus grand sacrilège est de faire du mal ou du tort à l’autre. J’ai hâte de retrouver la bouillie sucrée au goût citronné et les petites gâteries des joyeuses soirées ramadanesques », a noté le Premier ministre.

Depuis la prise de pouvoir de la rébellion à dominante musulmane séléka, en mars 2013, renversée en janvier 2014, la Centrafrique vit une crise sans précédent. Les exactions ont fait des milliers de morts parmi les civils et provoqué la fuite de milliers de Centrafricains vers les pays voisins.