Célébration collective de 40 mariages civils à Douala

Trois questions à Françoise Foning, maire de la commune d’arrondissement de Douala 5e, concernant sur la célébration collective des mariages civils.

(De notre correspondant)

Afrik.com : Françoise Foning, pouvez-vous nous apporter des éclairages sur le concept de la célébration collective des mariages civils instituée au Cameroun ?

Françoise Foning : La célébration collective des mariages a été enclenchée en 2007 par le ministre de la Promotion de la femme et de la famille. Elle constitue un vaste programme d’accompagnement des couples à la légalisation des unions coutumières ou des unions libres. Depuis lors, cette activité connaît une adhésion croissante de nos populations. A ce jour, plus de 1 500 couples qui vivaient en concubinage dans notre arrondissement, ont pu régulariser leur union. En date du 9 juin 2012 dans notre circonscription administrative, quarante couples ont accepté d’officialiser leur union. Nous leur adressons nos félicitations.

L’arrondissement de Douala 5e regorge d’unions libres, de familles monoparentales où la persévérance dans le mariage est en nette régression. Le concubinage, « le viens on reste » est à la base des dysfonctionnements tels que l’irresponsabilité parentale ; l’instabilité et ou la dislocation de la cellule familiale, l’incertitude sociale ; les violences ; la violation des droits successoraux ; l’abandon des enfants et de la famille.

Face à cette situation peu honorable, le ministère camerounais de la Promotion de la femme et de la famille encourage les personnes vivant maritalement à s’inscrire à la cérémonie collective des mariages afin de leur permettre de légaliser et d’officialiser leur union.

Imaginons un seul instant que quelqu’un me pose la question de savoir pourquoi une célébration collective du mariage ? La réponse me semble évidente. Le mariage est d’une part une institution sacrée qui scelle publiquement et solennellement l’union entre l’homme et la femme ; et d’autre part une institution conforme aux principes de la citoyenneté qui a pour but de protéger davantage les familles en leur assurant une couverture légale et protection de l’Etat.

Afrik.com : Que font vos services après que vous ayez scellé des alliances aux jeunes mariés lors de célébrations collectives ?

Françoise Foning : Les jeunes mariés méritent les compliments et le soutien de nous tous. Nous les assurons de l’entière disponibilité de nos services, nous sommes toujours à leur écoute et les accompagnons dans leur vie conjugale et familiale.

L’acte dont ils posent est un bel exemple de conciliation de la tradition et de la modernité. C’est aussi une illustration édifiante de responsabilité partagée qui est un indicateur fondamental de la culture citoyenne à laquelle nous sommes tous appelés à initier nos enfants, afin de leur offrir un lieu stable d’écoute mutuelle, de respect et de tolérance, pour un futur équilibre de nos familles. « Il n’ y a pas de santé stable sans mariage et familles stables sans femme stable et pourquoi pas sans homme stable. »

Afrik.com : « Assurer un équilibre travail/famille », « Working together to transform lifes ». Quelle leçon peut-on tirer de ce thème qui avait sous-tendu la 19e édition de la Journée Internationale de la Famille célébrée le 15 mai ?

Françoise Foning : Le thème de cette année appelle tous les acteurs à poser les actes efficaces devant aider les familles à trouver le précieux équilibre d’épanouissement sur le plan professionnel et sur le plan familial. La famille est le cadre par excellence du développement des relations affectives, d’éducation, de socialisation, etc. Le travail quant à lui, est une association d’épanouissement personnel qui confère une autonomie, un statut social. Pour un bon équilibre, le travail ne doit en aucun cas prendre le dessus sur les responsabilités parentales. Il faut plutôt chercher chaque jour à concilier les deux concepts pour aboutir à une vie en famille plus plaisante où il fait bon vivre, à une mise en valeur du potentiel de chaque membre de la famille, pourvu que chacun se fasse violence pour respecter scrupuleusement les engagements pris.