Ce qui n’a pas été dit sur les accords entre le Maroc et l’Espagne sur le Sahara, Ceuta et Melilla

Don Felipe VI et Mohammed VI
Don Felipe VI et Mohammed VI

Les nouveaux accords entre l’Espagne et le Maroc sur les villes de Ceuta et Melilla, incluant le territoire du Sahara Occidental, comportent un facteur jusque-là occulté. C’est du moins ce que révèle un diplomate algérien qui évoque le volet migratoire.

La polémique autour de la nouvelle position de l’Espagne au sujet de la question du Sahara Occidental ne faiblit pas. Si Rabat et Madrid ont passé cette étape et file tout droit vers une normalisation effective de leurs relations, avec notamment le retour en poste de l’ambassadrice du Maroc accrédité à Madrid, Alger rumine toujours sa colère après ce que les autorités algériennes de « vil marchandage ». Et à ce sujet, les sorties se multiplient tirant sur ces nouveaux accords.

La constante dans les sorties des autorités algériennes est l’alerte lancée à l’Espagne que le Rabat ne respectera pas ses engagements vis-à-vis de Madrid. Selon une source diplomatique du journal algérien TSA, dans le but de « calmer les forces politiques qui se sont soulevées contre la volte-face du gouvernement de Pedro Sanchez en exigeant des explications au niveau du Parlement, le gouvernement espagnol va essayer de vendre de la rhétorique creuse ».

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Insistant que « l’Espagne continue de soutenir que la solution au conflit du Sahara Occidental doit être mutuellement acceptée et qu’elle doit s’inscrire dans le cadre des Nations Unies en tenant compte de ses résolutions », le diplomate déplore le fait qu’à travers de « telles formulations évasives et des pirouettes inconséquentes », Madrid pense « pouvoir camoufler le vil marchandage négocié avec la force d’occupation marocaine ».

La source du journal, qui dénonce que Madrid « a troqué le Sahara Occidental contre les deux enclaves de Ceuta et Melilla » et révèle par ailleurs que l’Espagne a décroché des autorités marocaines l’assurance qu’il n’y aura plus de vagues de migrants clandestins. Point jusque-là non évoqué dans ces fameux accords entre Madrid et Rabat, qui révoltent l’Algérie et le Front Polisario. L’on se rappelle en effet de la vague migratoire de 2021 alors que des milliers de migrants prenaient d’assaut les côtes espagnoles.

Seulement, Alger, on se dit convaincu que « la partie espagnole se fait des illusions car tôt ou tard, le roi Mohammed VI, retors et versatile, reniera, comme toujours, ses engagements et l’Algérie en sait quelque chose. Il en sera immanquablement ainsi, car dans la doctrine marocaine, ces deux enclaves sont une cause nationale, tout comme le Sahara Occidental, comme le martelait, encore récemment, l’ancien ministre marocain des Affaires étrangères, Saâdeddine El Othmani ».

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