Ce que le procureur reproche au journaliste Pape Alé Niang

Pape Alé Niang poursuivi par le procureur
Le journaliste Pape Alé Niang

Pape Alé Niang est toujours en détention dans les locaux de la Sureté urbaine de Dakar, au Sénégal. Dans un communiqué, le procureur de la République détaille les raisons de la poursuite à l’encontre du journaliste. Non sans préciser que l’enquête se fera « avec toute la rigueur nécessaire, au vu de la gravité des faits ».

L’affaire Pape Alé Niang fait grand bruit au Sénégal. Le journaliste a été arrêté dimanche et il est toujours entre les mains des éléments des la Sureté urbaine de Dakar. Dans un communiqué, le procureur a évoqué « des attaques répétées, non fondées et inacceptables dirigées contre les forces de défense et de sécurité ». Ces actes reprochés au journaliste, dit-il, ont commencé « depuis un certain temps ».

Les dernières attaques, insiste le procureur, « qui portent manifestement atteinte à l’autorité de ces institutions républicaines, visent des officiers généraux ». A quel dessein ? « Dans le but évident de les délégitimer et de fragiliser la cohésion et la discipline collective indispensables au bon fonctionnement et à l’efficacité de ces corps habillés de l’Etat », accuse le procureur.

Le document déplore que ces actes « distillent par ailleurs un doute pernicieux ». Mieux, dit-il, ils « sapent le moral des troupes et désignent les forces de sécurité comme des cibles majeures à l’attention de tous ceux qui souhaitent s’en prendre à l’autorité de l’Etat ». Ce qui, précise-t-il, constitue « des menaces pour l’ordre public et sont susceptibles de caractériser des atteintes à la défense nationale ».

Le procureur justifie l’interpellation

A Pape Alé Niang, le procureur reproche aussi « la diffusion de fausses nouvelles et la divulgation de secrets défense ». Et de justifier : « c’est pour ces raisons que j’ai demandé au commissaire chargé de la Sureté Urbaine d’ouvrir immédiatement une enquête sur ces faits constatés ». Ce, précise-t-il, « dans le respect des exigences de la liberté de presse et des instruments internationaux garantissant les libertés fondamentales ».

Réuni hier dans la soirée, le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics) a plutôt été un peu évasif. « Il semblerait qu’on lui reproche d’avoir diffusé des informations relative à la mobilisation des policiers. D’avoir fait la même chose pour ce qui semblerait être un document qui concernerait les sapeurs-pompiers ». C’est ce qu’a indiqué en substance son Secrétaire général Bamba Kassé.

Lire : Arrestation du journaliste Pape Alé Niang, « un détenu politique » ?

Pour sa part, la Coordination des Associations de presse (CAP) a été plus percutante. Elle a exprimé « tout son soutien » au site d’informations Dakar Matin que dirige Pape Alé Niang. Mieux, elle compte toutefois apporter toute l’assistance requise au journaliste. La CAP a indiqué suivre « avec attention » cette affaire. Elle dit se tenir « prête éventuellement à toute action qui pourrait conduire à sa libération ».