Ce que doit faire la France en Afrique

Ce que doit faire la France en Afrique ? Il faut bien l’avouer aujourd’hui, à Droite comme à Gauche, nul ne le sait vraiment. Alors pourquoi Droite et Gauche, majorité et opposition, ne se retrouveraient-elles pas autour de la même table pour en discuter ?

Ce que doit faire la France en Afrique ? Il faut bien l’avouer aujourd’hui, à Droite comme à Gauche, nul ne le sait vraiment. Alors pourquoi Droite et Gauche, majorité et opposition, ne se retrouveraient-elles pas autour de la même table pour en discuter ? Une telle démarche, peu conforme aux habitudes politiques en France, serait souhaitable compte tenu du flou – pour ne pas dire de la vacuité – qui entoure la partie africaine des programmes des deux finalistes à l’élection présidentielle. Mais elle semble également possible.

Car s’il y a bien un domaine où majorité et opposition peuvent s’entendre, c’est bien sur la politique étrangère. En particulier sur l’Afrique où les différences – lorsqu’elles existent – sont moins d’ordre idéologique que personnelle (cf. les similitudes dans l’approche entre François Mitterrand et Jacques Chirac et, dans un autre registre, entre Alain Juppé et Hubert Védrine). Cette proximité de vue entre la Droite et la Gauche se retrouve d’ailleurs dans les programmes – encore une fois très flous et très sommaires – sur l’Afrique. Comme le relève François Soudan « les similitudes l’emportent sur les différences. [Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy] se sont tous deux prononcés pour le codéveloppement afin de contribuer au tarissement des flux migratoires, tous deux prônent la démocratie, la transparence et la conditionnalité de l’aide, tous deux annoncent la fin de la Françafrique – ou ce qu’il en reste –, la mort clinique des réseaux parallèles, des connivences occultes, des gaspillages et des interventions obsolètes ». Par ailleurs, tout le monde en convient également, il est grand temps de sortir les affaires africaines, domaine réservé du chef de l’Etat, de l’obscurité des bureaux de la cellule élyséenne pour les porter en pleine lumière.

Mais il est un autre point sur lequel il devrait y avoir consensus : celui de ne plus faire des questions africaines un objet de polémique purement franco-française entre la Droite et la Gauche. Au contraire, c’est d’une démarche constructive dont la France a besoin pour moderniser son action en Afrique. Dans cet optique, la mise en place d’une commission transpartisane, réunissant des politiques mais également des personnalités issues du secteur privé et de la société civile, à l’instar de la commission for Africa de Tony Blair, constitue la meilleure option.

Une option peu conforme aux vieilles habitudes mais très en phase, en revanche, avec le « renouveau » (dans la façon de faire de la politique) affiché par Ségolène Royal et l’« ouverture » (au Centre et à Gauche) prônée par Nicolas Sarkozy.

Michaël Cheylan, président de Capafrique