CCI4 : le composant chimique interdit qui pollue l’atmosphère

Le tétrachlorométhane ou tétrachlorure de carbone est un composé chimique chloré de formule brute : CCl4. Pourtant interdit depuis 1987, des quantités hors normes de ce puissant volatil, dont les vapeurs sont nocives pour les êtres vivants et la couche d’ozone, ont été repérées par la NASA.

La Nasa a décelé dans l’atmosphère une quantité anormalement élevée de tétrachlorure de carbone (CCl4). Ici, il est important de souligner que cette substance a été interdite depuis au moins trente ans. Le CCl4, qui jadis était utilisé dans les extincteurs ou dans les pressings pour le nettoyage à sec, a été interdit en 1987 au même titre que les chlorofluorocarbones dans le cadre du protocole de Montréal. Aucun des états membres de ce protocole n’a fait mention d’une nouvelle émission depuis.

Fuites industrielles non identifiées ou sites contaminés ?

Cependant, une étude de la Nasa démontre des éruptions de ce polluant, à hauteur de 30% du quota maximal jamais enregistré depuis l’application du protocole international, soit 39 000 tonnes à l’année.

Qing Liang, scientifique de la Nasa au centre Goddard des vols spatiaux dans le Maryland et principal acteur des recherches sur le sujet affirme qu’il ne devrait « pas avoir tout ce CCl4. Il est clair que nous sommes en présence soit de fuites industrielles non identifiées, soit d’émissions importantes de sites contaminés ou de sources inconnues de CCl4 ».

Beaucoup d’énigmes et peu d’explications

« Existe-t-il un mécanisme de perte de CCl4 que nous ne comprenons pas ou y aurait-il des sources d’émission non signalées ou non identifiées ? », poursuit le scientifique. En effet, sans aucune émission de CCl4 notable entre 2007 et 2012, les effusions atmosphériques de ce corps chimique auraient dû chuter de 1 % à 4 % par an. Or, des observations depuis le sol montrent une diminution de seulement 1 % à l’année.

Depuis près de dix ans, les scientifiques s’interrogent sur les raisons pour lesquelles les niveaux observés de CCl4 dans l’atmosphère diminuent plus lentement que prévu selon les processus naturels connus de sa destruction tels que les rayons solaires.