Catastrophe de la Camrail : la responsabilité de la filiale de Bolloré engagée

Camrail est le principal responsable du crash du train ayant fait au moins 79 morts en octobre 2016 rapporte un rapport d’enquête remis mardi au Président camerounais, Paul Biya. En cause principalement une vitesse excessive et des défaillances de la société.

Camrail est « principalement responsable » de l’accident de train qui a tué quelques 79 personnes en octobre dernier, annonce un rapport du Gouvernement remis hier à Paul Biya. En cause notamment le fait que le train allait à plus de deux fois la limite de vitesse prévue, qu’il était surchargé et que ses freins étaient défectueux. Un ensemble de cause gravissime : « La commission d’enquête a établi que le transporteur ferroviaire Camrail était principalement responsable du déraillement« , indique le communiqué précisant que « le train roulait à 96 km/h sur une section ferroviaire à vitesse limitée de 40 km/h« . en outre, le train avait deux fois plus de wagons qu’autorisé et son chauffeur qui avait protesté en indiquant les risques encourus n’avait pas été écouté.

Le train exploité par Camrail, une unité du groupe industriel français Bolloré, était sorti des voies au niveau de la ville d’Eseka, sur la route entre la capitale Yaoundé et la grande ville portuaire et capitale économique, Douala.

A la réception de ce rapport, le président du Cameroun, Paul Biya, a annoncé qu’il « examinerait le contrat de concession signé entre l’État du Cameroun et Camrail ». Les représentants de la société Bolloré à Paris et de Camrail à Yaoundé n’ont pas fait de commentaire sur ce rapport.

Au lendemain de l’accident, le gouvernement avait annoncé bilan de 79 décès et plus de 400 blessés. Bien que ce chiffre ait surement augmenté, aucun chiffre final n’a été donné.

Les victimes d’une crise ferroviaire et les familles de personnes décédées ont intenté un procès contre Camrail et Bolloré en novembre, les accusant de négligence et d’homicide involontaire.

Paul Biya a ordonné le déblocage de 1 milliards de franc CFA pour une assistance complémentaire aux victimes et à leurs familles.