Cataclysme au Festival de Dakhla 2011

Les Responsables de l’Association Mer et Désert, organisatrice du Festival de Dakhla, ont dû interrompre le Festival à mi parcours après que des émeutes violentes eussent transformé ce moment de réconciliation par la musique en un théâtre d’affrontements communautaires.

« Suite aux mouvements d’agitation survenus dans la nuit du vendredi 25 au samedi 26 février, l’association du festival Mer et Désert, en concertation avec les autorités, a décidé d’éviter les rassemblements par mesure de précaution. Les concerts n’ont donc pas eu lieu samedi soir et n’auront pas lieu dimanche soir. Les compétitions de sport sont maintenues et la remise des prix aura lieu ce jour à 15h pour remettre les trophées aux champions.

Toute l’association et l’équipe d’organisation regrettent profondément la situation, remercient la solidarité et tous les messages de soutien de la part des artistes, des journalistes, des sportifs et de toutes les personnes qui ont aidé à gérer la situation exceptionnelle depuis samedi après midi. Nous sommes tristes pour l’ensemble de la population qui a été privé d’un week-end de divertissement en raison d’agissements d’un groupe d’adolescents. »

C’est par ces mots que le site officiel et le Facebook du Festival de Dakhla ont fait connaître la triste nouvelle : les émeutes et brutalités commises par des groupuscules de jeunes nationalistes bien décidés à endeuiller la fête annuelle que constitue ces journées improbables, au coeur du désert, où soudain se réconcilient, par et avec la musique, sahraouis, marocains, mauritaniens, algériens, tous artistes et tous unis pour proclamer que la logique des conflits et des haines est absurde et conduit toujours à l’impasse.

Les faits sont affligeants : des groupes de jeunes émeutiers ont poursuivi des habitants sahraouis de Dakhla jusqu’à leur quartier, où ils ont mis le feu à des voitures et à des maisons, l’enchaînement des violences faisant de nombreuses victimes.

Face à l’insécurité croissante, les artistes et journalistes marocains et étrangers ont été rassemblés dans le village de tentes établi, le temps du Festival, à l’extérieur de la ville, et protégé par les militaires marocains. Mais la magie de la fête était perdue et la tension palpable entre les communautés au sein même de la ville de Dakhla rendait impossible de poursuivre le programme des concerts du week-end, pourtant fourni.

Comment ne pas déplorer ces violences irrationnelles, injustifiables, absurdes, détruisant dans ce lieu unique où l’océan se marie au désert un moment de partage et de fraternité qui permet chaque année, justement, de mettre l’accent sur ce qui rapproche les peuples du Sahara, et non sur ce qui les oppose !

Courage à tous, aux habitants de Dakhla qui sont les premières victimes, mais aussi aux artisans de ce Festival, qui s’y consacrent avec passion pour faire de chaque édition une véritable expérience culturelle partagée. Contre la violence et la bêtise qui vous frappent, nous sommes de tout coeur avec vous.