Carlos Gomes Junior soupçonné d’être le commanditaire du meurtre de l’ex-président Vieira

Carlos Gomes Junior, l’ex-Premier ministre de la Guinée-Bissau, est soupçonné par la famille de l’ancien président Nino Vieira d’être à l’origine de son assassinat il y a quatre ans. Les proches de l’ancien chef d’Etat ont adressé un courrier à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao), qui tente de rétablir l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau, afin qu’il n’échappe pas à la justice.

La famille de l’ex-dirigeant de la Guinée-Bissau, Nino Vieira, assassiné il y a quatre ans, soupçonne l’ancien Premier-ministre Carlos Gomes Junior d’être le commanditaire de ce meurtre. Ce dernier s’est réfugié en Côte d’Ivoire suite au coup d’Etat militaire du 12 avril dernier.

Pour la famille Vieira, Carlos Gomes Junior doit être jugé

La famille de Nino Vieira a adressé une lettre au président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), le chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara, rapporte ce jeudi RFI. La famille de l’ancien président bissau-guinéen craint qu’en cherchant à rétablir l’ordre constitutionnel à Bissau, la Cedeao ne permette à Carlos Gomes Junior d’échapper à la justice. Dans ce courrier, Boucounta Diallo, l’avocat de la veuve de Nino Veira, indique : « L’enquête dirigée par le procureur général Amin Saad, et l’audition des présumés auteurs de cet assassinat ont révélé que l’ordre d’assassiner le président Joao Bernardo Nino Vieira aurait été donné par le Premier ministre, Carlos Gomes, qui prétend aujourd’hui vouloir diriger le pays.»

Pour l’avocat de la famille Vieira, même si ces accusations ne font pas forcément de l’ancien Premier-ministre le commanditaire du meurtre de l’ex-dirigeant, elles sont suffisamment graves pour qu’il soit traduit en justice. Les proches de Nino Vieira redoutent que l’ex-Premier ministre bénéficie d’une immunité. Ils ont demandé à la Cedeao et à la communauté internationale de l’exclure du processus engagé pour le retour à l’ordre constitutionnel. La famille de Nino Vieira souhaite également que tout soit mis en œuvre afin qu’il ne puisse pas quitter la Côte d’Ivoire pour se rendre au Portugal (colonisateur de la Guinée-Bissau) ou ailleurs, au cas où la justice aurait besoin de lui.