Nouvelle crise politique en Guinée-Bissau

La Guinée-Bissau est secouée par une nouvelle tentative de coup d’Etat. Des militaires ont attaqué jeudi la résidence du Premier ministre Carlos Gomes Junior, candidat à la présidentielle du 29 avril. Ce dernier avait battu au premier tour l’ancien Président Kumba Yala.

A l’approche du second tour de la présidentielle, la Guinée-Bissau doit faire face à une nouvelle tentative de coup d’Etat. Des militaires ont attaqué jeudi soir la résidence du Premier ministre Carlos Gomes Junior. Ce dernier « se trouvait dans sa résidence où des militants de son parti étaient venus lui témoigner de leur fidélité, quand une première roquette a percuté l’entrée principale de sa villa », a déclaré à l’AFP un agent de sécurité posté dans la résidence.

« Nous recherchons activement Carlos Gomes Junior »

Pour le moment, le Premier ministre n’a pas encore donné signe de vie. Les militaires le recherchent activement. « Nous recherchons Carlos Gomes Junior. Quel que soit l’endroit où il peut se cacher, nous le débusquerons avant l’aube (ndlr ce matin)», a assuré l’un d’entre eux. Les militaires, dont on ignore les motivations, ont également encerclé la capitale et interpellé des responsables politiques, s’emparant notamment de la radio nationale. Ils ont installé un cordon de sécurité autour du palais présidentiel. Dans l’immédiat, il n’est pas possible de connaitre le sort du chef de l’Etat par intérim Raimundo Pereira.

La Cédéao condamne les militaires

A l’issue d’une réunion à Abidjan sur la crise malienne, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a « formellement et rigoureusement » condamné cette tentative de putsch et promis la « fermeté ».

Carlos Gomes Junior était arrivé en tête lors du premier tour de la présidentielle devant l’ancien Président Kumba Yala. Ce dernier et quatre autres responsables politiques de l’opposition ont appelé, ce jeudi après-midi leurs partisans à boycotter le second tour du scrutin qui était prévu le 29 avril. L’ancien chef de l’Etat avait dénoncé des « fraudes massives » au premier tour du 18 mars. Kumba Yala possède selon RFI de solides connexions dans l’armée. Il a également menacé toute personne qui « s’aventurerait à battre campagne ». En tous cas, la tentative du coup d’Etat est intervenue quelques heures après ses propos.

La présidentielle avait été organisée à la suite du décès en janvier du Président Malam Bacaï Sanha à Paris. Il avait été hospitalisé pour une maladie dont il souffrait depuis plusieurs années.

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