Cannabis made in Côte d’Ivoire

En Côte d’Ivoire, la production de cannabis est en partie effectuée dans le sud-ouest, dans la région du Bas-Sassandra. Substitut lucratif à l’exploitation des cultures licites comme le cacao et le café, qui ont vu leur prix baisser, il reste néanmoins très abordable pour les consommateurs locaux.

La région du Bas-Sassandra est un grand pourvoyeur de cannabis en Côte d’Ivoire. Cette région regroupe les sous-préfectures de Sassandra, de Tabou, San-Pedro et Soubré et des gros villages, comme Meagui, une place importante de la culture et de la consommation du cannabis. Face à la baisse des cours des cultures traditionnelles cultivées – cacao et café -, les cultivateurs ont trouvé dans la production de ce psychotrope, une planche de salut.

Les feuilles (marijuana) sont la spécialité de la région, à l’instar d’autres pays d’Afrique de l’Ouest. La résine étant la chasse gardée de l’Afrique du Nord et plus spécifiquement du Maroc. « Avec le Sénégal et le Ghana, la Côte d’Ivoire compte parmi les plus importants producteurs de marijuana dans l’Ouest africain », indique Quist Flemming du bureau sénégalais du Programme des Nations Unies pour le contrôle international des drogues (Pnucid).

Prix abordables

Qui en consomme ? « Les jeunes mais aussi les Burkinabé qui travaillent dans les plantations de cacao. Ces derniers le consomment pour se donner du tonus », indique une source locale. « A San Pedro, les jeunes s’en donnent à cœur joie, notamment à Bardot, le plus grand bidonville d’Afrique de l’Ouest. » Le quartier Colombie, un nom choisi à dessein, serait un haut lieu de la consommation du cannabis. De plus, cette drogue est à la portée des petites bourses, « entre 100 et 150 F CFA (0,15 et 0,25 cents d’euros), pour une boulette de 2 grammes », indique le lieutenant Touré Adrien, responsable de l’antenne régionale de la Police des Stupéfiants du Bas-Sassandra basée à San Pedro. « Les quantités produites sont difficilement mesurables, bien que nous effectuions des saisies fréquentes », affirme le responsable de Police qui déplore le manque de moyens pour évaluer et lutter efficacement contre ce trafic. « Pour les mois de juin et juillet 2003, nous avons saisi près de 130 kg de cannabis.

De plus, les plants de cannabis sont souvent camouflés dans des champs de riz. « La prolifération de la culture de cannabis dans cette zone et vers Séguéla et Daloa (Haut-Sassabdra) s’explique aussi par la présence de la forêt », ajoute le lieutenant Touré. Avec l’instabilité politique de la région, le trafic de cannabis semble être amené à prendre de plus en plus d’ampleur. L’Afrique, avec le Maroc premier fournisseur de l’Europe, compte parmi les principaux fournisseurs du monde. On peut lire, dans le rapport 2002 de l’Organe international de contrôle des Stupéfiants (Ocis) qu’ « un quart des saisies mondiales de résine et de feuilles de cannabis sont effectuées en Afrique ». La dogue proviendrait également d’« Afrique australe, et plus particulièrement d’Afrique du Sud ».

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