
Neuf des quatorze joueurs retenus par l’Algérie pour sa première Coupe d’Afrique des nations de futsal évoluent en France, et leur sélectionneur a fait toute sa carrière d’entraîneur dans les salles du Nord et d’Île-de-France. Lundi 19 octobre à Rabat, cette sélection construite dans le championnat français affronte l’Angola pour une place en finale.
Le capitaine Samyr Teffaf garde les buts de Garges Djibson, dans le Val-d’Oise. Walid Betterki, auteur d’un triplé vendredi face à la Zambie, joue à Vaulx-en-Velin, dans la banlieue lyonnaise. Quatre de leurs coéquipiers portent chaque week-end le maillot du Paris ACASA. À Rabat, l’Algérie dispute la première CAN de futsal de son histoire avec un groupe formé, pour l’essentiel, de l’autre côté de la Méditerranée.
Les Fennecs y ont déjà dépassé les attentes. Battus 4-0 par le Maroc en ouverture, puis tenus en échec par la Libye (2-2), ils ont arraché leur place dans le dernier carré en s’imposant 7-4 contre la Zambie. Lundi à 19 heures, heure de Paris, ils défient l’Angola, finaliste de la dernière édition.
Neuf joueurs sur quatorze évoluent en France
La liste dévoilée début octobre par le sélectionneur Nordine Benamrouche reflète cette géographie. Le Paris ACASA fournit à lui seul quatre joueurs : le gardien Wassim Si Chaïb, Amar Bessa, Moussa Haddad et Ali Skender Si Chaïb, qui a lancé la remontée contre la Libye. Mathieu Hammad, auteur d’un doublé face à la Zambie, joue aux Artistes Futsal. Azzedine Takdjerad évolue à Toulouse et Bilal Bentout à Avion, dans le Pas-de-Calais.
Soufian Bakkioui joue en Belgique, au Bouraza FT de Bruxelles. Quatre joueurs viennent du championnat algérien : Abderraouf Djelloul et Abdelhak Djebrani, du Al Hilal Bordj Bou Arréridj, Walid Riache et l’attaquant Rayane Aït Hamadouche, buteur contre la Zambie.
Ce déséquilibre n’a rien de nouveau car le Futsal est peu pratiqué encore au Maghreb. Lors du stage organisé fin août à Tlemcen, avant deux matchs amicaux contre l’Arabie saoudite, quatre des joueurs convoqués seulement évoluaient en Algérie. Les autres jouaient tous en Europe, la plupart en France.
Un sélectionneur formé dans les salles du Nord
Nordine Benamrouche connaît ce vivier mieux que personne. Passé par les clubs de Tourcoing et de Wattrelos, il a découvert le futsal à 17 ans en Belgique, avant de prendre en main le Roubaix Futsal en 2004. Avec ce club, il a remporté trois Coupes de France et le premier championnat national de la discipline, en 2007-2008. Il est ainsi devenu le premier entraîneur sacré champion de France de futsal.
Il a ensuite dirigé Douai, puis Garges Djibson à deux reprises, le club où joue aujourd’hui son capitaine. Samyr Teffaf, né en 1999, a lui aussi un parcours français. Il figurait il y a une dizaine d’années, sous les couleurs du Paris ACASA, parmi les présélectionnés de l’équipe de France des moins de 21 ans.
Après la qualification, le gardien a raconté à la Confédération africaine de football que les joueurs avaient eu une discussion franche après leurs deux premiers matchs. « Nous nous sommes dit que nous ne voulions pas rentrer à la maison ce week-end », a-t-il expliqué, en insistant sur l’ancienneté d’un groupe dont plusieurs membres jouent ensemble depuis des années.
Contre l’Angola, un Mondial en jeu
L’adversaire de lundi est d’un autre calibre. L’Angola a remporté ses trois matchs de poule : 5-1 contre le Mozambique, 6-0 contre la Tanzanie, puis 4-2 contre l’Égypte, après avoir été mené 2-0. João Cambangula, surnommé Jo Marhez, compte déjà sept buts dans le tournoi. La défense algérienne, qui a encaissé dix buts en trois rencontres, sera très exposée.
Les trois premiers de la compétition seront qualifiés pour la Coupe du monde de futsal 2028. L’Algérie n’a disputé qu’une seule fois ce tournoi, en 1989 aux Pays-Bas, où elle avait perdu ses trois matchs. Une victoire lundi lui offrirait à la fois une finale et un retour au Mondial. En cas de défaite, elle aurait encore une chance lors du match pour la troisième place, mercredi 21 octobre.
L’autre demi-finale oppose le Maroc, triple tenant du titre, à l’Égypte, lundi à 22 heures, heure de Paris. Les Marocains n’ont encaissé aucun but en phase de poules. Une finale Maroc-Algérie offrirait aux Fennecs l’occasion d’effacer le 4-0 du match d’ouverture.
Algérie-Angola se joue au complexe sportif Prince Moulay Abdellah de Rabat. Comme toutes les rencontres du tournoi, le match est diffusé en direct sur CAF TV, la chaîne YouTube de la Confédération africaine de football.




