Cameroun : Yaoundé et Douala n’ont plus de cinéma

Pas d’avant-premières, pas de « coups doubles du week-end », ni de « mercredis et samedis des jeunes ». Les amateurs de cinéma au Cameroun se rongent les pouces. L’unique salle de cinéma de la capitale camerounaise est fermée depuis deux semaines. Celle de Douala l’a été il y a quelques jours.

Notre correspondante au Cameroun

Yaoundé s’apprête à vivre son troisième week-end et Douala sa deuxième semaine sans cinéma. De nombreux cinéphiles se sont heurtés aux scellées apposées sur les grilles de l’entrée du cinéma Abbia tout comme sur celles du Wouri. Après le Capitole il y a quelques années, c’est autour de ces deux salles de fermer leurs portes. Le cinéma Abbia était la seule salle acceptable – à peine – de Yaoundé, en dehors du Palais des Congrès qui n’a cependant pas vocation à faire des projections cinématographiques.

Malgré la vétusté des locaux, les fauteuils brinquebalants et déchirés, les écrans mal sonorisés, la vieillesse des films proposés, l’insalubrité, la présence des souris et autres cafards dans la salle, les toilettes sals et malodorants, le cinéma Abbia avait ses adeptes.
Cette vielle salle continuait de recevoir quelques fidèles, des inconditionnels. Le plus grand nombre d’entrées, en terme de spectateurs, était réalisé lors des « Ecrans Noirs », des concerts de musique et des journées spéciales de projection non stop. Pour la plupart des promoteurs de cinéma, la mort de cette salle n’est pas une surprise, compte tenu des conditions d’hygiène et de salubrité et autres vieilles projections proposées.

Plus qu’une seule salle de cinéma dans le Cameroun

A Douala, c’était le même scénario avant la fermeture. Certains cinéphiles appréciaient l’ambiance des grandes salles qui n’était pas la même que celle que l’on trouve chez soi. Tous les mercredis et samedis, des centaines de jeunes venaient arpenter les couloirs sombres du Wouri et de l’Abbia malgré tout. Tout est donc fini, pour le moment, en attendant une mise au point des promoteurs et du Ministère de la Culture.

La concurrence est rude pour le cinéma au Cameroun. Les efforts de quelques particuliers, comme Bassek Bakhobio à travers les « Ecrans Noirs », restent vains. De plus, le ministère de Culture et le gouvernement du Cameroun n’ont pas toujours répondu favorablement aux incessantes requêtes des hommes de culture en matière d’infrastructures culturelles. La fermeture des cinémas Abbia et Wouri pour des raisons non encore éclaircies vient enfoncer le clou dans la blessure et rappeler avec acuité les problèmes du cinéma au Cameroun, depuis l’avènement du câble, d’Internet, les Dvd, Vcd et homes vidéo.

Le cinéma Abbia de Yaoundé faisait partie, avec les cinémas Wouri de Douala L’Empire de Bafoussam, des 3 dernières salles du Cameroun. Actuellement, seul L’Empire semble encore fonctionner.

Approchée par les journalistes, Mme Ama Tutu Muna, la ministre de la Culture, a affirmé que le problème de la fermeture du cinéma Abbia est lié au non paiement des loyers par les exploitants. Pour ce qui est de la fermeture du Wouri, aucune information ne nous a encore été délivrée. Mais l’affaire reste à suivre.

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