Cameroun : un site pour les dames de Lettres

En Anglais et en Français, la littérature Camerounaise au féminin se découvre sur le Net.
Visite guidée.

Quid de la littérature camerounaise au féminin ? Par pure curiosité ou tout simplement pour vous éviter une colle, nous vous invitons à cliquer sur le site «  Lire les femmes écrivains – et les littératures africaines « .

Mauvais point : un graphisme des plus primaires. Avec, pour seule iconographie : deux jolies créatures crayonnées au feutre d’écolier devant un livre ouvert.

Peu importe. Il est tant d’imperfections qui se muent en charme indéfinissable… Et ce site en a tant. D’abord parce que les néophytes que nous sommes en apprennent un bout sur la littérature camerounaise contemporaine. La suite, conjuguée au féminin, fait chaud au coeur tant la vingtaine de biographies révèle des destins exceptionnels.

Femmes et jus de cerise

Ainsi l’infirmière-écrivaine-politicienne Delphine Zango-Tsogo, qui de sa ville natale, Lomié, aux bureaux de l’UNESCO, en passant par l’Université de Toulouse ou le poste de ministre des Affaires sociales, défend la cause des femmes et les vertus du jus de cerise d’Atom (fruit sauvage du Nord du Cameroun) avec une passion égale.

Ainsi Marie-Thérèse Assiga Ahanda, princesse de naissance et… chimiste d’état, au surplus auteur d’un mémorandum dédié à son illustre ancêtre Charles Atangana. Ainsi la célèbre – et très controversée – Calixthe Beyala, auteur de «  C’est le soleil qui m’a brûlée « , ou de «  Tu t’appelleras Tanga « , terreur des tribunaux gaulois, dont les prises de position en faveur des quotas ethniques ont suscité la polémique jusqu’aux locaux d’Afrik.com.

Outre des biographies complètes, de larges extraits d’oeuvres, des interviews, des tribunes libres, ouvrent à un univers méconnu. Univers où les combats pour s’affranchir des tutelles occidentales se mêlent à d’autres luttes émancipatrices, féministes et sociales.

 » Un sans-salaire-depuis-onze-mois/Fallait peut-être pas l’épouser ?/A qui dire qu’il n’est plus/Désormais marié qu’avec des boulots « , interroge Marie-Claire Dati dans son poème… » Boulots « . Manière de dire que derrière la souffrance du chômeur africain, il y a une amante qui languit. Un point que le Fonds monétaire international n’ a certainement pas intégré dans ses projets de développement. Seule la littérature peut en témoigner publiquement.