Cameroun : un ancien boxeur international devient apôtre

L’apôtre Dino Champi, ancien boxeur international camerounais, qui a reçu en novembre 2009 à Yaoundé un appel qui fait désormais de lui un apôtre. Quatre questions à Dino Champi.

(De notre correspondant à Douala et Yaoundé)

Afrik.com : Qui est l’apôtre Dino Champi ?

Dino Champi :
Je suis né le 22 octobre 1981 à Bokito. J’ai connu une enfance ordinaire dans diverses villes du Cameroun où j’ai vécu. Alors que je ne fréquentais pas assidument les églises et les maisons de culte, j’ai reçu en novembre 2009 à Yaoundé un appel qui fait désormais de moi un apôtre non de la part des hommes, ni par un homme mais par Jésus-Christ et Dieu le père. Je n’appartiens pas à une dénomination religieuse ou encore à une église particulière. Je suis celui qui transmet aux hommes la pensée de Dieu en les amenant à vivre sa volonté.

Afrik.com : Comment êtes-vous devenu apôtre ?

Dino Champi :
Je ne suis pas devenu apôtre, mais je le suis depuis ma naissance. Dans mon enfance, plus précisément à l’âge de 6 mois, j’ai parlé de l’arrivée du Seigneur Jésus, de l’accroissement de l’abomination qu’on voit aujourd’hui et ensuite j’ai dit tout ce que j’allais faire quand le moment arrivera. En grandissant, je ne m’intéressais pas à la volonté de Dieu et je ne voulais même pas en parler avec une personne parce que pour moi ou alors dans ma tête c’était comme une perte de temps, je dirais même comme une prison. Je voulais premièrement devenir une star et avoir beaucoup d’argent pour pouvoir aider les pauvres.

Même comme je voulais devenir une star, j’avais toujours en moi un sentiment de pitié, c’est pourquoi je n’aimais pas voir quelqu’un souffrir, car je préférais souvent souffrir à la place de celui qui souffre.
Pour devenir star, j’ai commencé à faire la boxe et cela m’a permis d’arriver dans certains pays. Même quand je pratiquais ce sport, j’étais toujours malade mais je forçais parce que mon but était de gagner beaucoup d’argent afin d’aider ma famille et bien d’autres personnes. Etant donné que la maladie ne me permettait pas de pratiquer du sport comme je voulais, j’ai commencé en novembre 2009 à Yaoundé à aller écouter la parole de Dieu là où l’un de mes frères avait l’habitude d’aller. Un jour, quand ce monsieur faisait ses visions dans la salle de prière, il me dit ceci : « Dieu me dit que tu as un cœur qu’il veut et que tu sois son messager ; ensuite il me dit que tu ne le connais pas toi-même ».

Lorsqu’il m’avait dit toutes ces choses, les larmes ont coulé, j’avais directement pensé au rêve que j’avais fait en 2003. Dans ce rêve, je sortais d’une rivière avec des vêtements blancs et quand j’avais franchi le bord de cette rivière, quelqu’un m’avait tendu la Bible sans que je ne vois ni son visage ni même ses mains. Le lendemain, j’avais raconté ce rêve à ma mère qui m’avait d’ailleurs dit : « peut-être que tu seras un pasteur ». Mais moi je ne voulais pas entendre cela parce que je m’intéressais à la boxe.

Le monsieur qui m’avait dit cette vision dans la salle de prière était un prophète. Ce dernier avait fixé un jour de baptême pour certaines personnes et dans la salle de prière il avait demandé que, qui sont ceux qui veulent s’ajouter à ceux-ci pour être baptisé ? J’avais été intéressé et le dimanche qui suivait je m’étais fait baptiser. Après le baptême, nous étions revenus à l’église et quand la prière avait commencé, j’avais parlé pendant au moins une heure dans une langue que je n’avais ni entendu ni même parlé un jour et j’étais trempé de sueur jusqu’aux chaussettes. A la clôture de la prière, tout le monde était venu me saluer en me disant : « du courage ! ».

En décembre 2009, toujours à Yaoundé même comme je m’étais déjà baptisé, cela n’empêchait pas que je continue avec la boxe ; mais en moi je sentais que ça n’allait pas. Et un jour, j’ai commencé à entendre une voix qui me parlait et ensuite dans la nuit j’ai vu dans le rêve une vielle maison et au moment où je guettais l’intérieur, j’ai vu des vielles chaises et j’ai entendu une voix qui me disait : « c’est ici ».
Au début du mois de janvier 2010, étant toujours à Yaoundé, j’avais programmé d’aller à Douala à la fin dudit mois, ce qui fait que j’étais même allé voir le prophète qui m’avait baptisé pour lui dire qu’à la fin du mois de janvier, j’irai à Douala et je lui avait dit ce que je ressentais en moi, il m’avait dit que c’était une semence de Dieu. Ce même jour lorsque je dormais, j’avais entendu la voix d’une personne qui me grondait en me disant pourquoi est-ce que tu n’obéis pas quand je te demande d’aller quelque part ? Une crainte m’avait attrapé au point où j’avais programmé le voyage le lendemain.

Ce lendemain, le 22 janvier 2010, je suis arrivé à Douala et la même soirée, j’avais coulé les larmes en demandant à Dieu ce que j’étais venu faire à Douala, car je me voyais comme un prisonnier et aussi que je ne savais pas prier ni même bien lire la Bible, parce qu’elle m’était étrangère. Dans la nuit j’avais entendu une voix qui me disait tu n’es pas seul et ce même soir, j’avais pris la décision de jeûner pendant deux jours et après ce jeûne, j’avais pris la Bible, je l’avais ouverte et j’avais directement commencé à la lire, à l’interpréter, à parler de ce que Dieu veut et à prier sur les gens qui étaient à côté de moi. Deux semaines après, je m’étais dit qu’il fallait que j’aille à Yaoundé rencontrer le prophète qui m’avait baptisé. Avant d’y aller, le Seigneur m’avait montré comment il devait être difficile pour moi de causer avec ce prophète. Dès que j’étais arrivé à Yaoundé, j’avais dit à mon frère qui partait toujours chez ce prophète que j’étais venu voir le prophète, mais je sais qu’il me recevra malgré lui. Mon frère m’avait dit : « comment tu peux dire une chose pareille ! ».

J’avais fait deux jours à Yaoundé et pendant les deux jours, j’avais fait les tours à l’église mais le prophète me disait toujours on va causer et jamais on ne parvenait à le faire. Le dernier jour lorsque j’ai vu qu’il partait déjà pour rentrer, je l’avais suivi et c’est donc à ce moment qu’il m’avait dit : « Champi c’est comment ? ». Je lui avais dit ça va bien parce que j’ai commencé à annoncer la parole de Dieu à Douala. Il m’avait dit : « tu es encore jeune ; si c’est bon pour toi que ce soit bon ». Dès qu’il m’avait dit cela, il était entré dans sa voiture. Lorsqu’il était parti, j’avais revu ce que le Seigneur m’avait montré et mon frère était étonné de voir son prophète réagir de la sorte.
Lorsque j’étais rentré à Douala, le Seigneur avait commencé à me montrer beaucoup de choses. Etant à Douala, j’avais appelé ce prophète au téléphone et il m’avait seulement dit : « envoie ma dîme ». J’avais fait l’effort de lui envoyer mon propre argent parce que moi-même je ne mettais pas encore le panier pour recevoir l’offrande ou la dîme. Je l’ai appelé un autre jour et cette fois-là il m’a directement dit : « parle je t’écoute ». Lorsqu’il avait parlé ainsi, j’avais directement compris ce que j’avais vu en vision. Le Seigneur faisait tout cela parce qu’il ne voulait pas que je me forme auprès des hommes de peur de copier leurs habitudes ; voilà pourquoi je travaille seulement avec celui qui est en moi et celui qui est en moi c’est Jésus-Christ. De janvier 2010 à juin 2012, le Seigneur m’a enseigné et continue à le faire. Il m’a montré ce qui se passe dans les deux mondes, étant donné que le temps est petit et que la mission est grande, je suis donc obligé de travailler tous les jours. Car je ne suis pas venu pour le Cameroun, mais pour le monde entier. Je suis venu faire voir et faire connaître aux hommes la puissance de Dieu et aussi les amener à découvrir eux-mêmes ce que Dieu leur a donné.

Afrik.com : Apôtre Dino Champi, comment définissez-vous le terme « Prophète » ? Et en trouve-t-on dans notre pays ?

Dino Champi :
Un prophète ou un homme de Dieu ce n’est pas celui qui porte la bible, ce n’est pas celui qui guérit les maladies physiques, mais c’est celui qui voit les choses invisibles, et qui, lorsqu’il les annonce, celles-ci se réalisent. Un prophète c’est aussi celui qui transmet aux hommes la pensée de Dieu en les amenant à vivre sa volonté.
Au Cameroun, les hommes de Dieu sont devenus les politiciens, il y en a qui se servent des membres du gouvernement pour escroquer la population. Les évêques, les docteurs, les prophètes, les apôtres et pasteurs devraient véritablement exercer les fonctions d’ambassadeurs pour Christ, pas seulement dans ce pays, mais dans le monde entier. Un jour j’ai acheté le journal et dans ce journal on parlait d’un docteur de la loi qui disait avoir eu une révélation pour le Cameroun et sa révélation portait sur un projet de développement du pays et pour lequel il souhaiterait que chaque camerounais donne une somme de 1000 fcfa chaque fin du mois. Je m’étais demandé si cet homme était reconnu comme docteur traditionnel ou comme docteur de la loi de Dieu. Cet homme a bien compris que ce n’est pas l’argent qui manque au Cameroun et aux camerounais mais en revanche le Cameroun n’a pas de gérants de bonne foi. Les gérants sont insensibles, ils ne se soucient pas de leurs semblables ni même des biens publics. Car s’ils étaient des hommes de cœur, les milliards ne disparaitraient pas.
Je vous dis donc que le Cameroun manque de prophètes mais pas les marabouts.

Afrik.com : Peut-on dire que la paix de Dieu règne au Cameroun ?

Dino Champi :
Je tiens à dire à tous les hommes de « Dieu » du Cameroun et ceux qui y vivent qu’ils ne se révoltent pas contre moi ou encore contre ce que je dis et ce que je dis c’est que, si eux ils voient la paix de Dieu dans notre pays, moi par contre, mort dans la chair et vivant dans l’esprit je ne vois pas cette paix-là. Je me demande comment un homme peut parler de la paix d’une personne qu’il ne connaît pas et dont il n’a d’ailleurs jamais entendu parler ?
Je coule les larmes non seulement parce qu’on trompe les autorités et la population, mais aussi parce qu’elles sont séduites par ces hommes de Dieu qui leur donnent une fausse confiance.
Ils sont toujours en train de dire : « Dieu a dit que le Cameroun porte sa paix ; le Cameroun est une propriété privée de Jésus ou encore le Cameroun est un pays béni ». Lorsqu’ils disent ces choses, les dirigeants et la population ne peuvent même pas être avertis spirituellement de leurs œuvres et de leurs actes qui sont contraires à la parole de Dieu à cause de ces « hommes de Dieu » qui leur annoncent que c’est bon, car Dieu est avec le pays. Et lorsque les dirigeants dans leur abomination, leur destruction, insensibles et insoucieux du lendemain de leur pays reçoivent un message, ou une prophétie d’encouragement et de bénédiction (qui selon les « hommes de Dieu » vient directement de l’Eternel) quelle sera leur réaction ? Mais ce sera le pire et une perdition pour eux parce qu’ils ne sauront pas qu’ils sont dans une mauvaise voie, puisqu’ils se diront c’est Dieu qui a parlé à notre nation et si Dieu a parlé, c’est parce qu’il est content de la manière par laquelle nous dirigeons le pays (déjà qu’il y a la paix), cela veut donc dire que les hommes ne pourront rien contre nous.
Cependant, l’Eternel Dieu dit : « J’en veux aux prophètes qui prennent leurs propres paroles et les donnent pour ma parole en égarant mon peuple ».