
Site emblématique des berges du Wouri, le site du Ngondo (la plus grande fête traditionnelle de Douala) a connu une marée humaine. Composée des membres du gouvernement, des membres du corps diplomatique, des autorités judiciaires, militaires, religieuses, politiques et des hautes autorités traditionnelles, venues de lointaines localités nationales et de l’étranger, tout ce monde était venu assister à la cérémonie du sacre du nouveau King Akwa, le guide traditionnel de la grande communauté Bonambela, en la personne du Dr Louis Din Dika Akwa, plébiscité par les chefs des 20 villages qui forment le Canton Akwa. Il est porté au trône dans le respect des règles de base des us et coutumes du peuple Sawa en la matière.
Selon le Dr Roger Mbassa Ndine, maire de la ville de Douala et président du comité stratégique du sacre du King Akwa, « c’est un événement culturel et traditionnel de premier plan auquel nous avons assisté, ce samedi 10 octobre 2026. De nombreux fils et dignes filles Bonambela ont travaillé d’arrache-pied, depuis des mois, pour donner à cette fête une dimension populaire et un cachet son et lumière de haute facture à la mesure de l’acte majeur dont nous avons été, sur ce site du Ngondo, les témoins de première ligne ».
Lire aussi : Qui était Dika Mpondo Akwa
« Il y a six ans, précisément le 8 décembre 2020, notre regretté roi, Sa Majesté Charles David Din Dika Akwa III, s’en est allé pour un long voyage. Il nous a fallu traverser le temps du deuil, assumer les responsabilités liées à la succession, accompagner le choix d’un nouveau roi, puis les étapes de son intronisation et de son installation. Tout au long de ce parcours, les chefs Sawa en général, et les chefs des 20 villages Akwa en particulier, ont été appelés à jouer leur rôle de gardiens de tradition, de dépositaires de la mémoire collective et de garants de la continuité de nos institutions ancestrales. Je voudrais rendre un hommage appuyé à chacun d’eux », indique Sa Majesté Eteki Ebokolo Daniel, chef du village Bonamusadi et porte-parole des chefs des 20 villages Bonambela.
« Aujourd’hui, nous ne célébrons pas seulement le couronnement, nous célébrons la continuité d’une histoire, la permanence d’une institution, la fidélité à un héritage et l’unité d’un peuple autour de son roi. Ce jour appartient donc à notre histoire collective. Il appartient à nos ancêtres, qui nous ont transmis leurs traditions. Il appartient aux générations présentes, qui ont la responsabilité de les préserver. Il appartient enfin à nos enfants, auxquels nous devons léguer un royaume uni, respecté et tourné vers l’avenir », ajoute-t-il.
Pour Sa Majesté Mbodi Epée Gaston, président en exercice du Ngondo, « c’est un événement rare et singulier dans l’histoire Sawa en particulier, et du Cameroun en général.
« La présence massive du Ngondo, ici et maintenant, est donc à la fois un solennel gage et un vibrant témoignage. Comme gage, il me plaît tout d’abord d’affirmer haut et fort que le Ngondo, gardien suprême de la tradition en terre Sawa, a été au début et à la fin du processus de succession au trône, dans le grand Canton Akwa, et a ainsi garanti la pleine et entière conformité au regard de nos traditions.
En effet, au lendemain du départ pour l’au-delà de notre feu collègue et père, Sa Majesté Charles David Din Dika Akwa III, le Ngondo a proclamé et répété, à tous les niveaux de la République, du sommet à la base, le fondement intangible et inviolable de la règle traditionnelle en matière de succession chez les Bantous en général et les Sawa en particulier, à savoir : “le fils succède au père au trône royal”. C’est pourquoi, en ma qualité de président en exercice du Ngondo, je voudrais, aux yeux du monde, réitérer ici l’entière orthodoxie et la totale conformité de la succession au trône, qui s’est déroulée dans le Canton Akwa, et qui a abouti ce jour au sacre de Sa Majesté Dr Louis Din Dika Akwa, au trône légué par son feu père ».
« Au Ngondo, nous sommes profondément heureux de ce que les pouvoirs publics ont respecté rigoureusement et fidèlement les avis et conseils éclairés des authentiques gardiens de tradition chez les Sawa. Nous avons vu son père à l’œuvre avec nous. Ce fut un grand roi. Nous voyons les premiers pas de son fils. Ils sont largement prometteurs et nous pouvons affirmer, sans risque de nous tromper, que “bon sang ne saurait mentir”. Nous souhaitons un bon règne, resplendissant de paix, d’unité et de développement, au roi, Dr Louis Din Dika Akwa, au trône du Canton Akwa, pour le bonheur des Bonambela, des Sawa et du Cameroun tout entier », conclut-il.
« Au cours des cinq dernières années, quelques incompréhensions, quelques divergences ont vu le jour, avec une petite poignée d’entre nous. Aujourd’hui, voici tous les 20 villages Akwa qui sont rassemblés pour consacrer leur nouveau guide traditionnel, j’ai nommé Sa Majesté Dr Louis Din Dika Akwa. C’est pourquoi les chefs des 20 villages Akwa, unis comme un seul homme, proclament avec force, en direction de ceux de nos frères et sœurs qui se sont égarés, que tout est fini. Il est temps qu’ils rejoignent les rangs. Ils sont attendus les bras ouverts, car c’est ensemble, unis dans la paix et la fraternité, que notre Canton sera fort, plus grand et plus prospère. Nous sommes convaincus que le sacre doit ouvrir le chemin d’un règne de rassemblement, de grandeur et de prospérité ».
Qui est le nouveau King Akwa ?
Né le 7 décembre 1980 à Douala, Louis Din Dika Akwa est le deuxième enfant de son père. Il reçoit le prénom de son grand-père, Dika Louis. Avec l’affectation de son père, il passe une partie de son enfance à Bafoussam, où il obtient en 1998 un baccalauréat D au Lycée bilingue de Bafoussam.
Admis à la Faculté de médecine et des sciences biomédicales de l’Université de Yaoundé I, anciennement Cuss, il y effectue huit années d’études et obtient son doctorat en médecine en 2005. De 2005 à 2009, il exerce à l’hôpital régional de Limbe. Il poursuit ensuite sa formation à l’université de Liège, en Belgique, pendant deux années consacrées à la santé publique et à l’épidémiologie. De retour au Cameroun en 2011, il devient médecin-chef du District de santé de Limbe, chef de la Brigade de santé du Littoral. En 2015, il s’installe au Canada, à Edmonton, en Alberta, où il poursuit son parcours dans les domaines de la santé publique et de l’épidémiologie. Il travaille notamment pour le gouvernement de l’Alberta et intervient comme consultant auprès de l’OMS, de l’Unicef et du Sabin Vaccine Institute.
Il faut signaler que les 20 villages (Bonalembe, Bonabeyikè, Bonebelankon, Bonangang, Bonamukudi, Bonambwanja, Bangè, Bonebong, Bonamikengue, Besenge, Boneleké, Bonejang, Bonamusadi, Bonabekombo, Bonelang, Bonewonda, Bonangando, Bonadibong, Bonamuti, Bonamuang) qui forment le Canton Akwa, répartis dans quatre arrondissements de la ville de Douala (Douala 1er, Douala 2e, Douala 3e et Douala 4e), s’étalent sur une superficie de 3 500 hectares.




