Cameroun : Michel Thierry Atangana bientôt libre après 17 ans de prison

Michel Thierry Atangana, détenu franco-camerounais emprisonné au Cameroun depuis 17 ans sera bientôt libéré. Un décret du président de la République Paul Biya signé ce mardi 18 février permet à ce détenu plusieurs fois condamnés par la justice camerounaise d’obtenir une remise de peine et d’être prochainement libéré.

« Nous attendons d’une minute à l’autre sa libération », explique à l’AFP l’avocat de Michel Thierry Atangana. C’est à l’occasion du cinquantenaire de la réunification du Cameroun, ce mardi 18 février, que Paul Biya, le président de la République a signé le décret qui permet le remplacement d’une peine par une autre.

Cette « commutation des peines » apparaissait pour les avocats du Franco-camerounais comme la seule planche de salut après que sa condamnation ait été confirmée par la Cour suprême en 2012 à vingt années supplémentaires de prison. Condamné une première fois à 17 ans de prison en 1997, c’était le plus vieux détenu français à l’étranger. Il était poursuivi pour détournement de plus d’un million d’euro de fond public, alors qu’il dirigeait au Cameroun un projet de travaux publics.

Le texte signé par le Président camerounais oblige à « une remise totale de la peine restant à purger en faveur des personnes condamnées à une peine d’emprisonnement à temps, pour détournement de deniers publics, et dont le séjour en milieu carcéral, en raison des condamnations intervenues, pour des infractions de même nature, est supérieur à dix ans ». D’autres détenus sont donc concernés par ce décret, notamment Titus Edzoa, un ancien proche de Paul Biya, arrêté en même temps que Michel Thierry Atangana pour détournement de fonds public, alors qu’il voulait se présenter à l’élection présidentielle.

Ces libérations interviennent alors que le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU a récemment demandé la libération de ce détenu franco-camerounais dont la durée d’emprisonnement avait été jugée « inadmissible » par François Hollande en 2013. Certains observateurs évoquent ainsi des pressions de la part des Etats-Unis menaçant de ne pas inviter le Président Biya au sommet Afrique-Etats-Unis des 5 et 6 août prochain. Des hauts responsables camerounais impliqués dans l’affaire auraient pu être interdit prochainement de voyage à l’étranger et notamment dans les pays occidentaux, rapporte Cameroon-info.