Cameroun : Maurice Kamto va-t-il vraiment démissionner de la tête du MRC ?

Maurice Kamto, opposant camerounais

Le Président du MRC, Maurice Kamto, aurait confié aux membres du directoire de son parti, le 25 novembre 2019, jour où il annonçait la décision du boycott des prochaines élections législatives au Cameroun, son envie de démissionner de la tête de la formation politique.

« Je peux convoquer un congrès extraordinaire du MRC et annoncer ma démission… », aurait déclaré Maurice Kamto à quelques lieutenants du MRC réunis au sein du directoire du parti.
Si cette information, donnée par 237online, un média camerounais en ligne, venait à être officialisée, elle sonnerait comme un coup de tonnerre dans le ciel politique du Cameroun. Le professeur Maurice Kamto qui a la réputation d’un battant va-t-il jeter les armes en pleine bataille ? Lui qui a affirmé, il y a juste quelques semaines, être prêt à retourner en prison pour ses convictions serait-il dépité par la politique telle qu’elle est faite dans son pays au point de jeter le manche après la cognée ? Des questions certes sans réponses à l’heure actuelle, mais qui amènent tout de même à réfléchir.

En effet, la décision de boycotter les législatives du 9 février 2020 semble avoir été prise par un groupe restreint et ne rencontre pas l’adhésion de tous les membres du parti. Tenez, Tiriane Noah, la deuxième vice-présidente du parti n’aurait pas été associée à la prise de cette décision et aurait été informée comme tout le monde, à en croire le journal en ligne. La nouvelle recrue du MRC, le journaliste Sam Séverin Ango, n’a pas caché sa déception : « Je suis quelque peu déçu (…) Pour l’instant, ce qu’il nous reste à espérer, c’est qu’il y ait a minima le renvoi de cette élection », a-t-il laissé entendre.

Pour bien des militants qui avaient déjà dégainé et étaient prêts pour voir leur parti affronter ces joutes électorales, cette décision est un coup dur, même si certains la comprennent et l’acceptent. Prendre une décision aussi grave sans une consultation préalable de l’ensemble des structures du parti pourrait traduire un malaise au sein du MRC. Ceci est d’autant plus vraisemblable que le leader du MRC a des choses à reprocher à certains de ses lieutenants. En effet, pour Maurice Kamto, un parti qui aspire à accéder au pouvoir doit avoir un comportement vertueux, différent de celui du parti dont il condamne les agissements. Or, il s’est trouvé des présidents régionaux du MRC pour monnayer les investitures. Reprenant vigoureusement ces derniers, Maurice Kamto a martelé : « ceux qui ont posé ces actes immoraux, rembourseront jusqu’au dernier centime ». Par ailleurs, le Président du MRC n’admet pas que les décisions prises à l’interne par le parti apparaissent aussitôt sur les réseaux sociaux.

Dans tous les cas, ces raisons suffisent-elles pour amener Maurice Kamto à vouloir quitter la tête du parti ? Sauf s’il aspire à prendre sa retraite politique – ce qui paraîtrait fort surprenant vu la dernière tournée qu’il a faite dans le pays pour mobiliser ses partisans en vue des Législatives –, une telle démission signerait sa mort politique. Affaire à suivre.