Cameroun, Lutte contre Boko Haram : Amnesty accuse Yaoundé

Dans le cadre de leur lutte contre Boko Haram, les autorités camerounaises ont arbitrairement arrêté plus de mille personnes et des dizaines sont mortes de maladies ou à la suite de tortures, accuse Amnesty International.

Dans un rapport publié, ce jeudi 14 juillet 2016, Amnesty International accuse les autorités camerounaises d’avoir arbitrairement arrêté plus de mille personnes dans le cadre de leur lutte contre Boko Haram, alors que des dizaines d’autres sont mortes de maladies ou à la suite de tortures.

selon l’ONG, jusqu’à huit personnes meurent chaque mois dans les cellules surpeuplées de la prison centrale de Maroua, chef-lieu de la région de l’Extrême-Nord, où les prisonniers sont détenus dans des conditions inhumaines, ajoutant que de nombreux individus sont détenus dans des centres de détention illégaux installés sur des bases militaires avant d’être transférés dans des prisons officielles. Plusieurs détenus de ces bases militaires ont déclaré à l’ONG avoir été frappés à coups de bâton, de fouet ou de machette.

Selon Alioune Tine, directeur régional du groupe de défense des droits de l’Homme, « le Cameroun poursuit un bon objectif mais en arrêtant arbitrairement, en torturant et en assujettissant les gens, il utilise les mauvais moyens ». Pour sa part, Ilaria Allegrozzi, chercheuse pour Amnesty est formelle : « On ne parle pas nécessairement de combattants de Boko Haram, mais de gens normaux qui ont le malheur de se retrouver au mauvais moment à la mauvaise place (…). Des innocents font les frais de la lutte contre Boko Haram ».

Yaoundé n’a pas encore commenté ce rapport qui s’appuie sur des entretiens entamés en octobre dernier avec plus de 200 habitants de la région de l’Extrême-Nord, frontalière avec le Tchad et le Nigeria.