Cameroun : « Les réfugiés méritent respect et protection »

En prélude à la célébration de la 13ème Journée mondiale des réfugiés le 20 juin prochain, Afrik.com a interviewé M. Daniel MOUNDZEGO, le Président et Directeur Exécutif de l’Association des Réfugiés Sans Frontières (ARSF). Interview.

Afrik.com : Monsieur le Président, pouvez-vous nous dire sous quel signe vous célébrez la treizième journée mondiale des réfugiés au Cameroun ?

Daniel MOUNDZEGO :
La treizième journée mondiale des réfugiés se célèbre au Cameroun sous le signe de la transition. En effet, le Président de la République, Son Excellence Monsieur Paul Biya, s’est engagé depuis 2005, en promulguant la loi 2005/006 du 27 juillet 2005, sur la voie de reconnaissance à la fois politique, juridique et administrative de la présence sur le territoire camerounais d’une autre catégorie de la population dont les programmes officiels de développement ne faisaient pas allusion. Notre association mène à coté d’autres partenaires comme le HCR-Cameroun, un plaidoyer qui amène progressivement le Président de la République et le gouvernement à prendre réellement au sérieux la question des réfugiés et à promouvoir véritablement les droits de cette catégorie de la population encore marginalisée. Cette transition se traduit par la publication du décret présidentiel Nº 2011/389 du 28 novembre 2011 portant sur l’organisation et le fonctionnement des organes de gestion du Statut des réfugiés au Cameroun et celle de deux arrêtés signés le 06 août 2012 par le Ministre des Relations Extérieures qui nomment les membres des Commissions d’éligibilité au statut de réfugié et de recours du réfugié dans lesquels il transparait clairement que le HCR- Cameroun joue le rôle d’observateur dans lesdites commissions.

Afrik.com : Cette transition se passe comment ?

Daniel MOUNDZEGO :
Cette transition semble être grippée quelque part. La loi prévoit la délivrance des cartes de Réfugiés aux réfugiés reconnus par le HCR-Cameroun avant la date de promulgation de la loi 2005/006 du 27 juillet 2005. Mais depuis bientôt huit ans rien n’a été fait. Le décret du 28 novembre 2011 dit que les cartes d’identification de réfugié délivrées par le HCR sont provisoires et que six mois après la publication dudit décret ces cartes n’ont plus cours. La nouvelle Représentante du HCR-Cameroun a dit lors de son passage à Douala en fin d’année 2012 que le gouvernement va prendre en main le dossier des réfugiés et qu’en janvier 2013, les réfugiés ne devraient plus venir au siège de l’antenne HCR à Bali-Douala. Nous sommes en Juin 2013, rien ne s’est fait. Nous assistons plutôt au renforcement des structures du HCR à Douala avec le relèvement de l’Antenne en Bureau du HCR et le renforcement du personnel sans impact réel sur le changement de la vie des réfugiés. Au contraire on assiste au durcissement des conditions dans l’assistance médicale et scolaire. Les Réfugiés doivent désormais supporter 30% des frais de santé. Devant la misère et la précarité, les réfugiés et les demandeurs d’asile sont prêts à tout pour avoir la réinstallation en Amérique, au Canada, en Australie et dans les Pays-Bas. Ils sont victimes de la manipulation de certaines autorités du HCR-Cameroun, qui, pour contenir les revendications, les plaintes, les contestations, canalisent et contrôlent la création et le renouvellement des structures des réfugiés telles que le Collectif de Yaoundé qui coordonne les réfugiés sur le plan national sans mandat de tous les réfugiés. Les autorités du HCR-Cameroun canalisent et contrôlent la création et le renouvellement des bureaux des Communautés de réfugiés en violant les règles élémentaires de la démocratie, de la gouvernance et de la loi sur la liberté d’association au Cameroun. Les exemples récents sont : le renouvellement du bureau du collectif de Yaoundé où le bureau élu démocratiquement en présence des éléments de la DST et du MINREX a été contesté par les autorités du HCR-Cameroun au point de refuser la reconnaissance du Président élu. Le Réfugié d’origine tchadienne, élu démocratiquement devant les autorités publiques camerounaises est finalement mort sans avoir pris les fonctions à cause de l’opposition du HCR qui craignait de ne pas avoir le contrôle sur le nouveau Président du Collectif des réfugiés de Yaoundé.
Nous ignorons à ce jour si les autorités qui suivaient ce dossier ont mené une enquête pour mettre la lumière sur cette affaire. A Douala, les Responsables du Bureau du HCR ont cautionné une mascarade d’assemblée générale de la Communauté des réfugiés du Congo-Brazzaville tenue en catimini au siège du HCR à Bali pour atteindre un but inavoué, alors que les Responsables de l’Ancien bureau de la Communauté des réfugiés avaient pris les dispositions pour convoquer régulièrement l’assemblée générale représentative de toutes les familles composant la communauté des réfugiés du Congo-Brazzaville à Douala. Il faut se demander si les fonctionnaires du HCR à Yaoundé ne paniquent pas à l’idée du transfert du dossier « Réfugiés » à la Commission Nationale d’éligibilité au statut de réfugiés, placée sous l’autorité d’un cadre du Ministère des Relations Extérieures du Cameroun. Le HCR a enterré des millions de francs CFA dans la construction à l’intérieur d’une église à Yaoundé, d’un bâtiment devant servir de bureau pour les réfugiés. Les conditions imposées pour l’utilisation de ces bureaux font que ceux-ci soient sous-utilisés depuis juin 2011 à ce jour.

Afrik.com : Comment préparez-vous cet évènement au sein de l’Association des Réfugiés Sans Frontières ?

Daniel MOUNDZEGO :
Depuis trois ans, l’Association des Réfugiés Sans Frontières attire l’attention de l’opinion nationale et internationale sur la situation catastrophique des réfugiés au Cameroun. Nous disons et nous ne cesserons de le dire qu’au Cameroun, la journée Mondiale des réfugiés est la journée des fonctionnaires du HCR-Cameroun et leurs partenaires. C’est le lieu et le moment pour justifier leurs budgets, leurs dépenses. Ce sont là des pratiques de mauvaise gouvernance qui sont dénoncées en Afrique et ailleurs dans le monde. Vous êtes de la presse, ne savez-vous pas que les activités du HCR au Cameroun ne sont visibles qu’au mois de juin. Tout le reste du temps ils sont dans les bureaux où dans les missions à l’étranger. Les réfugiés sont abandonnés à leur triste sort. Nous ne préparons rien. Si nous étions dans un autre contexte, nous aurions manifesté publiquement et pacifiquement pour dire notre ras-le-bol.

Afrik.com : En tant qu’organisme garant de la protection des réfugiés de tous bords, quel bilan faites-vous de vos activités entre le 20 juin 2012 et le 20 juin 2013 ?

Daniel MOUNDZEGO :
Notre Association a été créée à Douala le 10 août 2002 et déclarée à la Préfecture du Wouri qui nous a délivré un Récépissé de reconnaissance le 16 octobre 2002. Nous faisons la promotion des droits de l’homme et des migrations, avec un accent particulier sur la défense des droits des réfugiés, des demandeurs d’asile, des détenus, des migrants, des enfants et des femmes. Entre le 20 Juin 2012 et le 20 juin 2013, nous avons dans le cadre du projet 3DACDET assisté juridiquement, financièrement, administrativement et socialement les réfugiés, les migrants et les Camerounais vulnérables qui étaient détenus dans les prisons de Douala dans le Littoral, de Yaoundé dans le Centre et Maroua dans l’Extrême-Nord. Grâce à l’expérience acquise et aux leçons apprises, nous avons obtenu un soutien financier des Etats-Unis d’Amérique pour l’accompagnement et la réinsertion des femmes que nous avions aidées à recouvrer la liberté. Maintenant, nous avons un Centre de Formation Sociale où plus de soixante filles mères et femmes anciennes détenues à la prison de Maroua sont formées en couture et à l’initiation à l’informatique, à l’usage de l’ordinateur et aux techniques de bureautique. Nous avons eu le privilège et l’honneur d’être visités à la fin de l’année 2012, par l’Ambassadeur des USA au Cameroun, à notre Antenne de Maroua dans l’Extrême-Nord. Par ailleurs, nous continuons le « councelling » des réfugiés et l’accompagnement juridique, administratif et social de toutes les personnes qui s’adressent à nous. Nous travaillons dans un contexte particulièrement difficile caractérisé par l’absence de subvention des Organisations de la société civile par le gouvernement. L’aide au développement fondée sur une mentalité du colonialisme où les intérêts des bénéficiaires sont sacrifiés à l’autel du trafic d’influence et des réseaux mafieux, n’est pas de nature à favoriser le recours systématique à ce type de subventions qui finissent par nous exposer aux attentes et espérances non comblées des bénéficiaires.
Malgré ce manque de moyens financiers et l’adversité multiforme, nous continuons d’être engagés pour la cause des sans voix, notamment les détenus, les réfugiés, les femmes vulnérables, les filles-mères, les enfants en détresse et les migrants. Nous mettons Dieu et le Seigneur Jésus-Christ devant afin que la vérité et l’Amour du prochain soient les valeurs fortes soutenant notre action.

Afrik.com : Quel regard jetez-vous sur la situation des réfugiés de l’Afrique Centrale ? Doivent-ils encore espérer grand-chose de la vie ?

Daniel MOUNDZEGO :
Les pays fournisseurs des réfugiés sont les mêmes où règnent depuis l’indépendance, les rivalités pour le gâteau national et où la bourgeoisie nationale n’a pas été promue afin de stabiliser les élans putschistes des opposants manipulés et excités par des prédateurs déguisés en donneurs de leçon de la démocratie et de la gouvernance.
L’Afrique Centrale est un enjeu à cause du scandale de ses ressources naturelles. Tant que les dirigeants ne vont pas coaliser pour barrer la route aux prédateurs, la souffrance des populations avec son lot des réfugiés ne finiront pas. Au contraire, la situation va aller de mal en pire. La stratégie est connue : pour détruire ce que l’Afrique essaie de construire, les prédateurs arment les inconscients qui, poussés par la faim et les frustrations, tournent les armes contre leurs propres parents, pillent, violent et détruisent les biens. Les chiffres sont têtus, la tendance à l’augmentation des réfugiés en Afrique Centrale va se poursuivre. La situation en République Centrafricaine est loin d’être stabilisée. C’est un jeu de ping-pong, les hommes se battent pour le pouvoir sans programme convainquant pour sortir la population de la misère par une répartition équitable du revenu national. Les prédateurs nationaux ont opté pour l’installation des pouvoirs claniques. C’était cela dans l’ancien temps. Mais il n’y avait pas de système de gestion centralisée des biens de la nation avec la collecte obligatoire des impôts et taxes. Le problème de l’Afrique centrale et même du monde entier c’est la pauvreté et la maladie. Les gens ont besoin de la nourriture. Les riches prédateurs sont toujours plus riches, les pauvres sont toujours plus nombreux et plus pauvres.
Il y a maintenant des réfugiés de la « réinstallation » au pays des Blancs. Les pauvres ignorants et aveuglés par les discours trompeurs des fonctionnaires du HCR-Cameroun qui souvent sont des Africains, pensent que les pays des Blancs constituent le paradis. C’est un nouveau système d’esclavage, de souffrance, un autre moyen de vider l’Afrique et de lui priver de sa force de travail et de son intelligentsia. C’est une honte pour nos leaders politiques de ne pas comprendre et de ne pas suivre l’interpellation de Dieu à travers ses prophètes. Sans unité, discipline et responsabilité, dictées par l’amour du prochain, nous sommes entrain d’aller vers l’explosion généralisée.
Même si au niveau du statut de réfugié il y a encore des privilégiés comme les prédateurs qui pavanent dans les grands hôtels en se passant pour des victimes et ont les soins de l’Etat du pays d’accueil, alors qu’à côté, des milliers de réfugiés croupissent dans la misère et la précarité absolue sans que cela ne préoccupe les dirigeants. Pour ne pas paraître trop pessimiste, ce qui n’est pas notre genre, nous considérons que les réfugiés risquent de plus en plus d’être victimes de la mal gouvernance et seront de plus en plus tournés vers la recherche à tout prix de la réinstallation dans les pays du Nord où la croissance est nulle et le taux de chômage de plus en plus élevé.

Afrik.com : Comment sortir de la spirale du traumatisme qui hante le quotidien des réfugiés malgré les assurances, surtout les plans des autorités de leur pays d’accueil ? Ils ne donnent pas l’air d’être en sécurité. Comment comprendre ce comportement de désespoir total ?

Daniel MOUNDZEGO :
90 % des réfugiés et demandeurs d’asile ne sont pas des exilés politiques. Ils n’ont pas des idées et des politiques à défendre. Les hommes, les femmes, les filles, les enfants, pour la plupart analphabètes, agriculteurs, artisans, chômeurs, élèves et étudiants sont jetés sur les routes, dans les forêts ; poussés par la barbarie et les violences meurtrières des prédateurs, qui pour se faire entendre ou avoir un grand écho médiatique de leurs projets macabres d’accès au pouvoir, utilisent ces pauvres innocents comme des boucliers humains soit disant au nom de la défense des intérêts du peuple qu’ils vont ignorer dès leur accès ensanglanté au pouvoir. L’insécurité est un moyen de gestion opaque du pouvoir chez nous en Afrique. Elle est donc créée et parfois inventée pour entretenir la peur qui favorise le pillage des ressources naturelles et les richesses du pays par un clan, une tribu, un groupe lié par des intérêts mafieux entretenus par les groupuscules extérieurs qui utilisent l’arme de la corruption et des sciences occultes. Les vrais changements sont apportés par la révolution. Nous voyons malheureusement avec le Printemps arabe que ces révolutions récupérées par les prédateurs sont entrain de prendre de l’eau. Finalement, l’homme n’a pas la solution pour son bien. C’est la révolution que va imposer Dieu le Tout-puissant qui va apporter la solution. Le HCR est là depuis la première guerre mondiale. Le problème de réfugiés fait partie de l’héritage dont la solution doit être globale.
Quand nous comprendrons que le monde est UN (Les Nations-Unies) comme notre corps Humain est UN avec des membres qui jouent chacun son rôle, selon la prééminence du créateur de l’Univers et que les membres se complètent sans s’envier les uns les autres, alors, les stratégies d’ennemis entre les Etats se réduiront et les politiques de déstabilisation, de déstructuration, de pillage organisé des pays dit faibles ou en développement, cesseront progressivement avec leur lot de guerres et de réfugiés.

Afrik.com : Il n’y a pas très longtemps, certains réfugiés se faisaient expulser dans plusieurs pays d’Afrique centrale. Peut-on en savoir davantage sur ces tragédies ?

Daniel MOUNDZEGO :
C’est une information que vous nous donnez, nous allons vérifier, car qui n’a pas fait d’enquêtes n’a pas droit à la parole comme le disait Mao Tsé-toung. A notre connaissance, il y a une tendance de protection des richesses ou de la manne pétrolière qui se généralise en Afrique centrale, qui se caractérise par l’expulsion des étrangers. La Guinée Equatoriale a commencé, le Gabon et le Congo-Brazzaville ont suivi. C’est très triste pour notre continent au moment où nous parlons de la construction de l’Union Africaine qui doit passer par le renforcement des sous ensembles sous-régionaux comme la CEMAC. Nous avons certes suivi à distance l’existence d’une « opération de rapatriement volontaire des réfugiés du Congo-Brazzaville au Gabon impliquant le HCR, les gouvernements du Congo et du Gabon ». Il semblerait que les réfugiés auraient été impliqués à travers le collectif des réfugiés dont tous les dirigeants ont obtenu l’asile et certains ont été réinstallés. Pour ceux qui n’avaient pas d’autres alternatives et qui avaient refusé de retourner dans leurs pays, le HCR aurait proposé à ceux-ci de prendre des cartes de séjour du Gabon. C’est en manifestant au sein de la cathédrale de Libreville où plus de trois cent hommes, femmes et enfants réfugiés d’origine du Congo-Brazzaville auraient été brutalisés, chargés par la police, arrêtés et emprisonnés au sein des Services de la documentation et de l’immigration du Gabon pendant plus de quatre mois avant d’être transportés nuitamment et abandonnés aux frontières du Congo avec le Gabon et finalement récupérés après par les dirigeants du Congo-Brazzaville.
Ces deux pays pratiquant l’embargo médiatique, il est pratiquement impossible de faire un suivi de cette tragédie si s’en est une comme vous le dites. C’est contradictoire de signer un traité sur la libre circulation des biens et des personnes dans la zone CEMAC et d’expulser les Africains en laissant les prédateurs du Nord. Parfois, nous nous demandons si nos leaders politiques tirent les leçons de la Libye où les Libyens ont été utilisés par les prédateurs du Nord pour détruire leur propre pays et jeter à l’extérieur de milliers de réfugiés sans avenir et sans espoir.

Afrik.com : Plusieurs réfugiés africains roulent d’une façon ou d’une autre pour une réinstallation en Europe ou en Amérique. Sont-ils heureux une fois leur rêve réalisé ? Le HCR s’occupe-t-il toujours d’eux ? Comment gagnent-ils leur pain quotidien là-bas ?

Daniel MOUNDZEGO :
Comme je le disais au début, je peux ajouter qu’un ventre affamé n’a point d’oreilles. La plupart des réfugiés n’ont pas les moyens de suivre l’actualité et ne savent pas ce qui les attend en arrivant dans les pays du Nord. Ils ignorent par exemple qu’il n’existe pas de solidarité primitive là-bas et que deux ans après leur arrivée, toute l’attention, la curiosité entretenues pour les préparer à la nouvelle vie va s’arrêter brutalement. Il y a des anciens hauts fonctionnaires qui témoignaient que deux ans après leur arrivée, ils ont été contraints d’aller travailler dans les plantations pour récolter les fruits et les légumes. Il y a en plus la barrière de la langue anglaise. Que peut-on espérer d’un analphabète qui arrive aux USA, en Australie où l’intégration passe par la maîtrise de l’anglais. Les réfugiés ne sont pas dans les maisons de retraite pour espérer une prise en charge totale à vie. Ils doivent travailler dur pour survivre. Malheureusement, beaucoup n’ont pas les moyens de retourner dans leur premier pays d’accueil comme simple migrant afin d’échapper aux hamburgers qui leur causent des problèmes d’obésité et les autres contraintes qui amènent beaucoup d’entre eux à tomber dans l’immoralité, la débauche et la prostitution.
Quand un réfugié traverse les portes des aéroports de Douala ou Nsimalen à Yaoundé, le cordon avec le HCR est coupé. Ils sont sous la charge d’autres services des Nations-Unies qui facilitent leur voyage jusqu’à destination où ils sont reçus par un dispositif du pays d’accueil qui organise la réception et les mécanismes d’intégration par l’emploi en facilitant la formation en langue et aux petits métiers et ceci pendant deux ans au maximum selon les pays. Après quoi, ils sont lâchés, car il ne faut pas oublier que ces Etats font face à leur grogne intérieure des chômeurs et des travailleurs en perte d’emploi qui sont de plus en plus nombreux et le défi de la croissance qui s’accapare du sommeil de nombreux leaders politiques en Europe et en Occident. Nous n’avons pas encore enregistré de « success stories » (réussites) des réfugiés réinstallés depuis que nous suivons les réinstallations au coup par coup opérées par le HCR-Cameroun.