Cameroun : les experts financiers africains évaluent le dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme

C’est devant un impressionnant parterre de personnalités que Louis Paul Motaze, ministre camerounais des finances (Minfi), a procédé au lancement du séminaire portant sur la pré-évaluation du dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme qui se tient à l’hôtel Sawa de Douala, du 25 au 28 février 2019.

En procédant à l’ouverture des tra¬vaux, M. Louis Paul Motaze, a déclaré que Le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme sont au cœur de presque toutes les activités criminelles qui représentent aujourd’hui une menace pour la paix dans le monde, aussi bien en termes de sécurité intérieure que de la stabilité économique, financière et même politique des Etats. « Notre sous-région connaît une recrudescence des actes terroristes perpétrés par des groupes criminels dont le financement pourrait provenir des divers trafics illicites (armes, drogues), des rançons mais aussi à travers l’utilisation abusive de certains organismes à but non lucratif », a-t-il dénoncé.

« Nous sommes-là dans le cadre de la mise en œuvre de la nouvelle méthodologie du GAFI, adoptée en 2012, laquelle requiert, suivant les dispositions de la recommandation première, que chaque Etat fasse une analyse et procède par une approche fondée sur les risques afin de lutter efficacement contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme », a précisé Louis Paul Motaze.

Le ministre camerounais des finances a profité de cette tribune pour indiquer que, de 2008 à 2019, le gouvernement de son pays a mené plusieurs actions dont les plus saillantes sont :
– Le renforcement des capacités opérationnelles de l’ANIF (Agence nationale d’investigation financière), ce qui a conduit à son admission au Groupe Egmont en 2010 où il joue un rôle majeur ;
– La participation active à toutes les actions qui ont abouti d’abord à la modification du Règlement CEMAC en 2010, puis à l’adoption d’un nouveau texte de référence le 11 avril 2016 ;
– L’adoption en 2009 d’un arrêté portant sur la déclaration automatique à l’ANIF des transactions en espèces ou par titres au porteur dont le montant est supérieur ou égal à 5 millions ;
– Plusieurs sessions de sensibilisation et de formation des différents acteurs en charge de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme ;
– L’adoption de la loi N°2011/028 du 14 décembre 2011 portant création du Tribunal criminel spécial (TCS) qui statue sur les cas de détournement des fonds publics ;
– L’adoption de la loi N°2014/028 du 23 décembre 2014 portant sur la répression des actes de terrorisme au Cameroun dont la particularité est qu’elle comble le vide constaté lors de l’évaluation de 2008, en ce qui concerne la responsabilité pénale des personnes morales ;
– La création, et surtout l’opérationnalisation des tribunaux militaires qui, selon la loi sus-évoquée sont compétents pour connaître des cas de financement du terrorisme
Au plan opérationnel, on observe également des évolutions majeures qui attestent du dynamisme de notre dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

A titre d’illustration, 2008, année de la première évaluation mutuelle, nous avons enregistré 83 déclarations de soupçon. Ce chiffre est passé entre autres, de 119 en 2009, 124 en 2010, 128 en 2011, 618 en 2017, à 670 en 2018.

Les présentations délivrées pendant ces quatre jours d’intenses travaux et en présence de Monsieur Gervais MBATA, Secrétaire permanent du GABAC (Groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale) et de Monsieur Hubert NDE SAMBONE, Directeur de l’ANIF (Agence nationale d’investigation financière) permettront à ces participants d’être bien outillés et aussi de répondre à toutes les diligences qui leur seront exigées lors de l’évaluation mutuelle.