Cameroun : les autorités inflexibles face aux déguerpis de la Briqueterie

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Le Délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY), Gilbert Tsimi Evouna, a rencontré jeudi les propriétaires des titres fonciers et des permis de bâtir de la zone détruite. La procédure d’indemnisation, les opérations de restructuration et de rénovation urbaines étaient l’objet principal de la rencontre. Mais le délégué du gouvernement voulait surtout informer les propriétaires du sort qui leur sera réservé à la fin des démolitions et leur expliquer le bien fondé de son action.

Notre correspondante au Cameroun

EvounaG2.jpg« Yaoundé ne peut plus continuer avec les quartiers spontanés en plein centre ville. Ça c’est impossible. Que les uns et les autres sachent que ce que nous avons commencé va se poursuivre», a martelé Tsimi Evouna, le Délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY), aux populations. Celles-ci sont venues nombreuses assister à la rencontre dans l’espoir sans doute qu’une seule parole de lui pourrait résoudre leurs problèmes de logement, de terrains, de titre foncier et de permis de bâtir.

D’entrée de jeu, il a expliqué à ses interlocuteurs la procédure à suivre pour obtenir une indemnisation quelle qu’elle soit. Selon le délégué du gouvernement, une indemnisation est prévue pour les propriétaires d’un titre foncier et ou d’un permis de conduire. Trois solutions sont préconisées. Les propriétaires légaux pourront : avoir une indemnisation financière selon la réglementation en vigueur ; être maintenus sur le site détruit à condition qu’ils construisent selon les règles d’urbanisme ; avoir un autre terrain en dehors du site. Gilbert Tsimi Evouna a promis aux déguerpis de la Briqueterie que pendant les opérations de rénovation, une bande de terrain loti sera attribuée aux autochtones ayant un titre de propriété : « On ne va pas vous abandonner comme ça » a-t-il rassuré.

Chacun fait son travail

briqueteriepop.jpgFace à de nombreuses sollicitations faisant appel à sa fibre sociale, Tsimi Evouna a dit être sensible à tout cela. « Mais le délégué du gouvernement a son travail à faire et c’est ce travail qu’il s’emploie à faire ! Le délégué n’est pas le ministre des Affaires sociales ! Il y a des gens pour s’occuper des Affaires sociales, le délégué du gouvernement s’occupe de la gestion urbaine », a-t-il ajouté froidement, renvoyant ainsi les déguerpis vers le ministère des Affaires sociales qui a abandonné les victimes à leur propre sort.

Accusé parfois à tort ou à raison de commettre des bavures lors des opérations de déguerpissement des populations, Tsimi Evouna a avoué que dans le cadre de son travail, il peut y avoir des bavures, mais celles-ci ne doivent pas être érigées en règles. « Je fais mon travail en âme et conscience, en évitant les injustices » a-t-il déclaré. A l’issue de la rencontre, les populations pantoises et insatisfaites par les propos du délégué du gouvernement n’ont pas hésité à le traiter de démagogue. Imperturbable, Tsimi Evouna a quitté la salle entouré de ses sbires.

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