Cameroun : le sport comme remède à l’oisiveté

Organiser un championnat de football et de handball et de multiples activités sportives pour occuper les jeunes de 8 à 18 ans pendant les deux mois de vacances scolaires. Tel est l’objet de l’initiative Sports Vacances, dont le département de la Mefou et Afamba au Cameroun a inauguré, samedi, la cinquième édition. Le programme, qui connaît un succès grandissant, devrait toucher cette année plus de 1 100 jeunes.

Encore une fois cette année, les vacances scolaires des jeunes Camerounais du département de la Mefou et Afamba seront sportives. La cinquième édition de l’initiative Sports Vacances a ouvert ses portes, samedi dernier à Mfou, chef lieu du département de la Mefou et Afamba (25 km de Yaoundé). Au programme : un championnat de football pour les garçons et un championnat de handball pour les filles et bien d’autres activités sportives pour tous. Du sport, mais pas seulement, car à côté des animations ludiques, trois ateliers d’apprentissage et de production seront également ouverts aux jeunes jusqu’à fin août.

« Pendant les grandes vacances, les jeunes sont souvent désoeuvrés et l’on souhaite, à travers cette manifestation, lutter contre l’oisiveté », explique Dieudonné Ambassa Zang, le promoteur de l’événement. Loin de sa casquette de ministre des Travaux Publics, c’est en simple citoyen qu’il a lancé ce projet, trois ans avant sa nomination au sein du gouvernement en 2002. « Cela part d’une expérience personnelle. J’avais envie de leur faire connaître ce que nous n’avons pas connu. Je me suis demandé ce que je pouvais faire pour contribuer à l’épanouissement des jeunes. Par ailleurs, je crois fermement que le sport est le creuset de l’unité nationale. Et nous allons encore une fois cette année participer à un grand brassage de jeunes issus de plusieurs régions du Cameroun ».

15 équipes de football, 8 de handball

Quinze équipes, deux poules, des phases finales, un titre, l’organisation des débats footballistiques estivaux revêt les habits d’un véritable championnat. Un championnat qui a pris une telle ampleur que certains grands clubs du pays y inscrivent une équipe espoir, à l’image du célèbre Canon de Yaoundé. « Compte tenu de la qualité des débats, nous avons désormais, chaque année, deux ou trois équipes espoir de clubs de première et de deuxième division », précise M Ambassa Zang.

S’il n’y a pas d’âge minimum exigé, les joueurs ont au moins 13-15 ans. Les frais d’inscription pour une équipe (25 joueurs) s’élèvent à 15 000 FCFA, auxquels il faut ajouter une licence de 1 000 FCFA par joueur. Chacun bénéficie en contre partie d’un équipement et, plus important, d’une assurance. Le championnat de handball féminin, pareillement organisé, comportera pour sa part huit équipes de 15 personnes. Les deux grands temps forts de Sports Vacances seront accompagnés d’autres activités sportives comme l’athlétisme ou la lutte.

Un esprit sain dans un corps sain

« Depuis 2003, nous avons ajouté un volet éducatif à l’événement, ajoute M Ambassa Zang. Dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, nous avons mis en place des ateliers d’apprentissage et de production. Un atelier de peinture est destiné aux 8-12 ans, un autre sur la bio-diversité est réservé aux 12-15 ans et un dernier sur les activités agro-pastorales sera ouvert aux plus de 15 ans. »

Chacun des deux premiers ateliers devraient accueillir 50 à 60 personnes, tandis que le dernier compte d’ores et déjà plus de 150 participants. Les 12-15 ans seront sensibilisés au respect de l’environnement et apprendront notamment à planter le palmier à huile. Les plus âgés seront initiés de façon pratique à l’élevage de poulet ou de porcs. Il leur sera donné un ou plusieurs poussins au début de l’atelier dont ils devront s’occuper et qu’ils pourront ensuite garder.

30 millions de FCFA de budget

Victime de son succès, Sports Vacances draine de plus en plus de monde. Si bien que son promoteur avoue avoir « du mal à financer » chaque nouvelle édition. Il faut 30 millions de FCFA pour mettre sur pied tout le programme (45 800 euros), qui compte beaucoup sur les bonnes volontés. Autour du président du comité d’organisation – également préfet du département – Jacques Obaté, (M. Ambassa Zang a souhaité garder une certaine neutralité en restant président d’honneur), ce sont près de 60 personnes qui gèreront les opérations de façon bénévole.

« Nous avons des partenaires financiers qui nous aident, comme les Brasseries du Cameroun ou le Port autonome, mais ces soutiens ne sont pas des acquis et peuvent considérablement varier d’une année à l’autre, explique M Ambassa Zang. Nous avons également le soutien des autorités via le ministère de la Jeunesse et des Sports mais le problème du mécénat se pose à chaque fois dans des termes un peu plus délicats ». Des difficultés budgétaires dont les jeunes, plongés dans l’insouciance de leur âge, ne sauront rien. L’aventure dure depuis cinq ans et est même devenue une véritable institution, à laquelle on souhaite évidemment longue vie.