Cameroun : le soulèvement des gardiens de prison maté par les forces de l’ordre

Au total 71 gardiens de prison, instigateurs présumés d’un violent mouvement de grève au Cameroun, ont été arrêtés et mis à la disposition de la justice, a déclaré, jeudi, le vice-Premier ministre en charge de la Justice et garde des Sceaux, Amadou Ali. Le mouvement, né à la prison centrale de Yaoundé, avait touché 20 des 70 établissements pénitentiaires du pays.

Au cours d’un point de presse à Yaoundé, M. Amadou Ali, le vice-Premier ministre en charge de la Justice et garde des Sceaux, a indiqué que la tentative de soulèvement du personnel pénitencier, qui s’est étendue à 20 des 70 prisons du Cameroun, n’a pas fait de morts mais seulement quelques blessés. Démentant ainsi la presse locale qui a fait état de deux morts parmi les prisonniers.

Le vice-Premier ministre camerounais a par ailleurs annoncé que la Police et la Gendarmerie vont désormais, en collaboration avec les gardiens de prison disponibles, assurer la garde des pénitenciers afin de préserver le calme et éviter d’autres soulèvements, en attendant les conclusions de l’enquête ouverte sur les évènements.

Le soulèvement des gardiens avait commencé la semaine dernière. Et la reprise en main des forces de l’ordre, le mardi 2 décembre. Un épais nuage de fumée était visible, le matin, dans le quartier de Nkondengui, dans les environs de la prison centrale de Yaoundé dont les gardiens observaient une grève pour revendiquer de meilleures conditions de travail. Des coups de feu avaient éclaté et les forces de l’ordre avaient quadrillé le quartier, interdit à la circulation. « Nous avons été réveillés, autour de cinq heures du matin, par des coups de feu, des bruits et des cris provenant de la prison. Quelques temps après, les forces de l’ordre sont venues disperser les curieux, demandant à tous les riverains de la prison de quitter leurs domicile », a raconté un témoin.

La grève des gardiens de la prison centrale de Yaoundé a fait tache d’huile

Les gardiens de la prison centrale de Yaoundé revendiquaient notamment de meilleures conditions de travail, la régularisation de leurs profils de carrière, des avancements, la revalorisation de leur salaire, l’intégration de la dernière promotion des élèves gardiens ainsi que du matériel de travail. Ils refusaient de conduire les prévenus lors des audiences dans les tribunaux. Ils interdisaient également aux familles de rendre visite à leurs parents détenus.

Un mouvement d’humeur similaire était né ce mardi à la prison centrale de New-Bell, à Douala, deuxième ville et capitale économique du Cameroun. Puis la grêve s’était répendue, touchant 20 des 70 prisons du Cameroun.

Des négociations avaient été engagées avec les grévistes à la mi- journée. Mais la discussion n’a pas suffi.

Jeudi, le vice-Premier ministre en charge de la Justice et garde des Sceaux a affirmé que les statuts des personnels de son département ministériel, notamment les gardiens de prison et les magistrats, sont déjà en train d’être revus en vue de l’amélioration de leurs conditions de travail.

Avec Panapress