Cameroun : la surcharge, l’une des causes principales des accidents de la route

S’il y a une pratique qui a pris droit de cité dans le paysage du transport en commun au Cameroun, c’est bien celle de la « surcharge ».

La surcharge est la pratique qui consiste à mettre une personne de plus au niveau du siège passager à côté du chauffeur. De ce fait au lieu d’une personne vous en trouverez deux. La pratique s’étend même sur les « bendskins (moto taxis)» où on retrouve trois voire quatre personnes sur une moto.

A l’intérieur, 11 adultes et un bébé. Sans compter les bagages à l’arrière et sur le toit. « C’est  tout  à  fait  normal  pour  nous qui desservons ces lignes. Je porte trois personnes devant et je partage mon siège avec l’une d’elle. C’est ce qu’on  appelle  «  petit  chauffeur  ». Comme la voiture est large à l’arrière, je  fais  asseoir  quatre  personnes adultes. Et elles  portent les  autres clients. C’est comme cela que nous nous débrouillons. Les voyageurs et nous n’avons pas le choix : les routes qui  vont  chez eux sont  mauvaises et rares sont les voitures qui les desservent  »,  explique  tranquillement le chauffeur.

« C’est devenu une habitude. Il est quasiment impossible de se déplacer, assis seul sur le siège avant. Même si vous proposez une forte somme, les taximen vous « bâchent ». Si vous insistez, le chauffeur vous demande de descendre de sa voiture et d’aller acheter la vôtre », déclare Patrick Nlend, élève et habitué des taxis. La situation n’est guère reluisante du côté des motos taxis.

Cela  se  voit  pourtant qu’il est mal installé et doit faire une gymnastique inappropriée entre les jambes  de  ses  clients  pour  passer les vitesses. La  surcharge,  cause  de  nombreux accidents  de  la  circulation  sur  nos routes, est l’activité la mieux partagée des automobilistes. Dans le transport urbain ou interurbain. Un tour dans les  artères  de  nos  villes  et  campagnes,  et  chacun  peut  constater que la pratique est bien incrustée.

Les transporteurs clandestins, appelés clandos opèrent dans des régions données de chaque ville comme les quartiers; il leur est interdit de circuler dans les routes à grandes circulations, même si certaines dérives sont souvent constatées. Mais plus que de simples clandestins, il s’agit en fait de débrouillards qui essayent de lutter contre le chômage en se lançant dans le transport en commun. On distingue aussi les Bendskin, qui sont des conducteurs de motos dits motos-taxis, qui ont l’art de ne pas respecter les lois prescrites et qui conduisent dangereusement. À l’origine de nombreux accidents notamment dans la ville de Douala, un pavillon a même été baptisé à l’hôpital Laquintinie de Douala « Pavillon Bendskin ». Ces derniers sont pourchassés depuis de nombreuses années, afin qu’ils respectent les règles, soit l’obtention d’un permis de conduire approprié et des papiers de véhicules, pour qu’ils exercent dans les domaines qui leur sont réservés.

Le Cameroun compte près de 230 000 km de routes principales, dont 4 300 bitumées et bien aménagées, quoique le trafic  y soit souvent perturbé à cause des gros porteurs ainsi que les péages intempestifs.

Le financement de l’entretien des routes est assuré par le fond routier, créé en août 1998 et placé sous la tutelle du ministère des finances. Une part importante (environ 1/3) du budget d’investissement de l’État revient au réseau routier, qui devrait bénéficier en outre d’une enveloppe de 5,6 milliards d’euros que l’Union européenne a décidé, dans le cadre du dixième Fonds européen (2008-2013), d’affecter aux grands axes routiers africains. Le développement des échanges au sein du continent, l’intégration régionale, le désenclavement des territoires condamnés à l’autarcie, l’accès à de nouveaux marchés, notamment à l’exportation, sont autant d’objectifs communs au Cameroun et au reste de l’Afrique.

L’effacement de la dette devrait permettre de concentrer des enveloppes budgétaires massives sur le réseau routier. Le programme sectoriel 2006-2015 définit un réseau prioritaire de 23 000 km et prévoit le bitumage de 200 km de routes par an. Avec la France, les C2D (Contrats de Désendettement et de Développement) seront en partie consacrés au financement des travaux.

Les transports au Cameroun ont un rôle important dans la question du développement du pays, qui nécessite une infrastructure adéquate afin de faire face à la croissance démographique, au déplacement des populations vers les villes, ainsi qu’aux nouvelles exigences économiques.