Cameroun : la fête du coq toujours en vogue

La communauté Toupouri de Douala et ses environs ont célébré du 14 au 15 décembre 2012, la traditionnelle fête de coq (Feo Kague).

Le peuple Tupuri est à cheval entre le Cameroun et le Tchad. Il partage en commun un ensemble d’éléments culturels qui fait leur unité. L’élément de constellation reconnu de tous est le Feo Kague qui est déclenché vers la fin de l’hivernage de chaque année par le Wang Doré (Chef spirituel des Tupuri). Mais avant cette fête, il existe un certain nombre de rites ou pratiques au nombre desquels on note le Feo Wang Doré qui est la période de retraite pour la méditation et la prière, que le Chef effectue durant une lune (1 mois) avant la fête dite Kague.

En effet, chaque année le Wang Doré effectue avant le déclenchement de la fête de Kague, une retraite dite Wang Doré Kaltingma ou Feo Wang Doré. Cette période se situe entre la fin du mois d’août et le mois de septembre du calendrier grégorien, c’est-à-dire toujours après la période de soudure dite Feo Fine DjongSonrewa. C’est une retraite que le Chef effectue durant un mois dans sa case pour méditer sur le sort de son royaume et prier pour implorer les dieux à donner plus de nourritures, la paix et la santé à sa population. Celle-ci lui sert aussi pour tirer les leçons de l’exercice passé et réfléchir sur l’orientation à donner pour le futur. Pendant cette retraite, il peut sortir pour des besoins précis et interdiction lui est faite de regarder le ciel et surtout ses yeux ne doivent pas croiser la lune.

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Pour éviter tout cela, il doit porter un grand chapeau avec de larges bordures. Pendant cette période il ne doit pas utiliser l’eau de pluie pour ses besoins, ni consommer des légumes frais moins encore s’approcher de ses épouses. En clair, des provisions en légumes secs sont faites pour couvrir sa ration pendant cette période.

Cette retraite prend fin avec le retour des émissaires Kalkao envoyés à travers tout son royaume pour le prélèvement de la dîme. A cette occasion, le Wang Doré organise une cérémonie de prière dans les bois sacrés (Djag Sir) et remercie tous ses émissaires par la préparation du BiliBili (boisson traditionnelle faite à base du maïs) dit Hi Kalkao. Ensuite, il est organisé le Hi Djoubou, à l’occasion de sa sortie de la retraite. Il est conduit dehors par ses adjoints. A partir de cette cérémonie du Hi Djoubou, le Wang Doré n’est plus astreint à la retraite et c’est ainsi qu’il organise la fête de Kague.

Mais il faut retenir que le jour de la fête de Kague, c’est son adjoint du village de Fieng Bag qui immole le premier le coq suivi de celui de Bagou (quartier de Fianga Tchangbele) puis en troisième et dernier ressort le Wang Doré intervient, ce qui est le coup d’envoi des célébrations.
Cette étape marque le point de départ du calendrier étalé sur 4 mois de septembre à décembre pour l’organisation du Kague.

Il faut remarquer que ce calendrier a subi une légère modification à cause des velléités entre certains villages qui ont voulu prendre leur autonomie dans l’organisation des festivités.
En somme le Feo Wang Doré, mois qui précède le Feo Kague est une période qui permet au chef, considéré par les Tupuri comme leur grand prêtre de méditer, de prier, d’invoquer les dieux de débarrasser le royaume des mauvais sorts et épidémies qui pourraient advenir et d’avoir de bonnes récoltes, de maintenir la paix et la santé dans le royaume. Telle est la portée du Feo Wang Doré, étape très importante en prélude à l’organisation du Feo Kague qui est célébrée partout dans le milieu Tupuri.

Pendant ces deux jours, plusieurs activités ont été menées : la conférence de presse de lancement, la marche sportive, l’exposition des objets d’art, des danses traditionnelles et les prestations musicales des artistes Yang Mad et Gesse Roy.