Cameroun : l’attaque de Bakassi précipite le retour de Paul Biya

Suite à l’enlèvement du sous-préfet de Kombo Abedimo, Ayuk Edward Takou, dans la zone de Bakassi dans la nuit de dimanche à lundi, le président camerounais Paul Biya a regagné Yaoundé mardi soir. Il avait entamé un séjour en Suisse le 2 février, qui devait se poursuivre jusqu’à la fin du mois.

De notre correspondante

Inquiétude au sommet de l’Etat. Selon des sources concordantes, l’enlèvement du sous-préfet de Kombo Abedimo a été revendiqué par les Bakassi Freedom Figthers, un groupe armé qui sème la terreur dans le Delta du Niger et réputé pour ses attaques dans la Péninsule de Bakassi.

Au cours d’une attaque qui, dit-on, s’est passée avec une facilité déconcertante pour les assaillants, ces derniers ont, entre autres, emmené avec eux le Sous-préfet Ayuk Edward Takou, le premier adjoint au maire, le commissaire spécial des policiers et gendarmes. Les forces de l’ordre impuissantes n’ont pas pu riposter aux assauts des pirates, qui auraient donc pris en otage 11 représentants autorités camerounaises de la zone de Bakassi.

Quelques jours avant l’enlèvement de lundi, c’est dans la petite île de Bonjo, dans le même arrondissement, que des attaques de pirates ont eu lieu. Elles ont causé la mort de deux gendarmes.

Retour précipité de Paul Biya

Suite à l’enlèvement du sous-préfet Ayuk Edward Takou et de ses collaborateurs, le président Biya et sa suite sont retournés au Cameroun de façon précipitée. Une attitude qui rompt avec ses habitudes et qui confirme la gravité la situation.

Selon la presse camerounaise, les Bakassi Freedom Figthers ont revendiqué cette attaque et demandé une rançon importante dont le montant n’a pas été rendu public. Le retour de M. Biya suffit à faire comprendre que la situation inquiète les autorités. A ce jour, aucune déclaration officielle n’a été faite et le flou dans la région de Bakassi persiste.

Bakassi est une zone reconnue pour sa richesse en pétrole, gaz naturel et ressources halieutiques. Depuis sa rétrocession au Cameroun en 2008 par le Nigeria, elle fait l’objet d’attaques de groupes armés. De nombreux décès y ont déjà été enregistrés ainsi que des enlèvements d’étrangers et de nationaux. A n’en point douter, les autorités camerounaises se font des cheveux blancs depuis cette rétrocession et leur riposte reste attendue.