Cameroun : Jacqueline Casalegno, fondatrice et dirigeante de Chanas assurances s’est éteinte

Jacqueline Casalegno, 93 ans, est décédée dans la nuit du 22 au 23 janvier 2019, à Douala, une ville où la fondatrice et dirigeante de Chanas assurances passa l’essentiel de sa vie. Affaiblie par la maladie, la Française s’était retirée dans son domaine, dans le Noun, région de l’Ouest du Cameroun.

L’ancienne PDG disparait ainsi, après avoir perdu le contrôle de la compagnie qu’elle avait fondée, grâce au rachat en 1999 de la Société camerounaise d’assurance et de réassurance (Socar), opération réalisée en partenariat avec la Société nationale des hydrocarbures (SNH), le mastodonte de l’industrie pétrolière locale.

Harcelée, d’une part, par le régulateur du secteur des assurances en Afrique centrale et de l’Ouest, qui finira par dénoncer son accumulation des pouvoirs au sein de la compagnie et, d’autre part, par son partenaire qu’est la SNH, qui n’apprécie plus son autoritarisme dans la gestion de l’entreprise, la dame de fer de l’assurance au Cameroun sera obligée de céder son poste de DG de Chanas assurances en 2012, puis celui de PCA en 2014.

Lorsqu’elle prend la succession de son père dans les années 1950, Jacqueline Chanas va faire de Chanas& Privat une société de courtage leader dans ce secteur d’activité, avant de se séparer des autres actionnaires pour créer Chanas.

Avec plus de 50% d’actions, elle réussira à attirer des investisseurs de haut calibre, à l’instar de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), le bras séculier de l’Etat dans les transactions pétrolières et gazières.

Le rachat de la Société camerounaise d’assurance et de réassurance (SOCAR) en 1999 donnera plus d’ampleur à Chanas qui sera jusqu’en 1993, le leader du secteur non seulement au sein de l’Association des sociétés d’assurances du Cameroun (ASAC) mais également dans la sous-région avec un portefeuille estimé à près de 24 milliards de francs CFA.

Cette société est l’une des plus importantes du marché sous régional, même si des batailles pour le contrôle de Chanas assurances dont se sont livrées Jacqueline Casalegno et la SNH notamment ont apporté des changements au sein de l’actionnariat.

Son capital est détenu par des privés Camerounais à 37%, le groupe français Casalegno à hauteur de 20%, la Société nationale des hydrocarbures 20%, l’assureur Gabonais Ogar 18% et d’autres partenaires européens 5%